La saison des juvéniles

Avec l’arrivée du printemps, un bon nombre de jeunes animaux nous ont été amené au CEDAF. En voulant bien faire, il arrive que des découvreurs recueillent des petits en pleine forme qui ne sont pas forcément orphelins. Pour éviter de faire plus de mal que de bien, voici quelques conseils lorsque vous rencontrez un jeune animal sauvage.

Est-il vraiment en détresse ?

Il est très rare qu’un jeune animal sauvage soit abandonné. Les parents sont peut-être simplement partis chercher de la nourriture ou se sont fait discrets en vous voyant arriver.

Chez les oiseaux, comme certains passereaux et rapaces nocturnes, il arrive que les petits partent du nid sans savoir encore bien voler et se retrouvent par terre. Toutefois, les parents continuent, très discrètement, à s’en occuper et ils poursuivent alors leur croissance au sol ou dans les buissons. C’est une étape de leur apprentissage et une phase d’exploration. Ainsi, si vous rencontrez un jeune oiseau par terre, vous pouvez le mettre à l’abri des prédateurs en le remettant  dans son nid ou en le posant sur une branche en hauteur. Attention, il est préférable de manipuler les petits le moins possible pour leur éviter du stress ainsi qu’aux parents ; l’odeur de l’homme n’est pas une cause d’abandon.

Chez les mammifères, comme  les chevreuils, il est possible de voir un petit seul et couché dans les herbes mais il n’est pas pour autant abandonné, la mère n’est souvent pas très loin. Le petit est camouflé et la mère s’en occupe toujours. Il est alors préférable de le laisser, sauf s’il est à proximité d’une route, il faut alors déplacer l’animal dans la forêt. Chez les renards, au moment du changement de tanière, les renardeaux peuvent paraître abandonnés. La mère ne pouvant transporter qu’un petit à la fois, elle doit obligatoirement laisser les autres derrière elle de manière transitoire! Vérifiez que le petit n’est pas blessé, s’il n’a rien laissez-le, la mère reviendra le chercher plus tard. Attention, si vous avez besoin de manipuler un renard, même juvénile, faites-le toujours avec des gants ! En effet, les renards sont parfois porteur d’une maladie parasitaire grave appelée Echinococcose alvéolaire. Cette zoonose peut être transmise à l’homme. Elle est provoquée par le développement d’une larve de parasite au niveau du foie, entrainant une lésion de ce dernier. Les premiers symptômes peuvent apparaître 15 ans après l’infection, il peut donc s’écouler un certain temps avant de se rendre compte que l’on est atteint.

Toutefois, si après vérification, le petit est froid, apparait maigre ou est blessé, amenez-le au plus vite au centre de sauvegarde le plus proche. Pour cela, capturez-le à l’aide de gants ou d’un tissu. Placez-le ensuite dans un carton de taille adaptée et percé de trous pour un oiseau ou dans une boite de transport pour chat ou chien pour un mammifère. N’oubliez pas d’y ajouter une bouillotte et un tissu pour le maintenir au chaud.

Dans tous les cas, ne vous improvisez pas soigneur ! En effet, il est interdit par la loi de garder un animal sauvage chez soi. De plus, l’élevage des petits est très spécifique, il faut connaître le régime alimentaire de l’espèce et surtout ne pas les familiariser pour préparer au mieux leur retour à la vie sauvage.

Comment s’en occupe-t-on au centre de soins ?

Les juvéniles étant plus fragiles, ils font l’objet d’une prise en charge très spécifique. Lorsqu’un petit arrive au CEDAF, il est examiné par le vétérinaire du centre pour déterminer son état de santé. Il lui procure les premiers soins si nécessaire. L’alimentation de l’animal est adaptée en fonction de l’espèce et de son régime alimentaire (piscivore, carnivore, omnivore, insectivore, granivore…) pour empêcher toute carence.

Il sera ensuite mis en salle d’hospitalisation où il sera réchauffé à l’aide d’une bouillotte ou d’une lampe chauffante. S’il ne sait pas encore manger seul, il sera gavé plusieurs fois par jour jusqu’à ce qu’il sache le faire. Son poids et sa nourriture sont contrôlés tous les jours pour voir s’il mange suffisamment. Les soins et les nourrissages se font avec le moins de manipulations possibles pour éviter le stress ou la familiarisation des animaux.

Une fois qu’il est assez grand et qu’il mange seul, il est mis dans un enclos ou une volière extérieure adaptée, avec d’autres animaux de la même espèce, afin qu’il s’habitue à un environnement semi-naturel. Cela lui permet également d’apprendre à chercher sa nourriture tout seul. Le contact avec l’homme est le plus limité possible pour qu’il apprenne à le craindre. Un passage quotidien permet de contrôler son état de santé et son alimentation.

Lorsqu’il est jugé apte à retourner dans la nature par le vétérinaire, il est relâché dans un biotope adapté à son espèce.