Le mode de vie des martinets noirs

 

Cet oiseau mesure de 16 à 17 cm de longueur pour une envergure de 42 à 48 cm et un poids de 38 à 50 g. Bien que proche de l’hirondelle, les deux espèces se distinguent par leurs plumages ainsi que par la morphologie spécifique du martinet : des ailes en forme de faucilles et un corps plus effilé.

Véritable avion de chasse, le martinet peut atteindre des vitesses de 200 km/h sur de courtes distances et passe sa vie entière dans les airs. Il ne se trouve à terre que par accident et, bien sûr, l’été dans des anfractuosités de toutes sortes (souvent, juste sous les toits en ville) afin d’y nicher. Sa vitesse en fait l’un des animaux les plus rapides. Extrêmement précis, il est capable de rejoindre son nid via un petit orifice de quelques centimètres de diamètre, apparemment sans diminuer son allure ! Il a été déterminé que les martinets noirs peuvent voler 10 mois entiers sans se poser une seule fois. Cela fait de lui l’oiseau ayant le record du plus long vol ininterrompu enregistré par les ornithologues.

Autre curiosité de l’espèce : le martinet est l’un des rares oiseaux qui apprennent à voler et à se nourrir sans l’aide de ses géniteurs, lesquels peuvent entamer leur migration sans attendre que leur progéniture soit autonome. Au bord de leur nid, bien agrippés avec leurs serres, ils entraînent leurs ailes en battements rapides. Cela peut durer plusieurs jours. Ils quittent le nid dès qu’ils se sentent prêts, âgés d’environ 42 jours, et il semble qu’ils entament immédiatement leur première migration vers le grand Sud.

Martinet noir adulte pris en charge  au CEDAF

 

Les centres de soins de la faune sauvage ont dû s’adapter à la période de présence des martinets (mi-mai/août en Île de France) durant laquelle ils accueillent principalement des juvéniles fin juin/début juillet, nécessitant une attention et une alimentation précise. En effet, le martinet noir se nourrit du plancton aérien qu’il recueille à haute altitude. Il capture plusieurs centaines d’espèces différentes d’insectes qu’il est capable de reconnaître en plein vol. Malheureusement, régulièrement, les jeunes nous arrivent nourris avec des denrées bien éloignées de leurs alimentation (pain, lait, viande) ou bien le plumage abîmé par « les caresses » si bien intentionnées mais si peu appropriées. Et les complications que peuvent entraîner une mauvaise alimentation ou la dégradation du plumage engagent parfois le pronostic vital de ces petits oisillons.

 

Enfin, on ne peut parler du martinet sans évoquer la vulnérabilité des juvéniles aux épisodes de canicule. Pour échapper à l’ambiance surchauffée de leur nid, ils n’hésitent pas à sauter dans le vide, même s’ils ne sont qu’à peine emplumés. D’où des arrivées par milliers au même moment dans tous les centres de soins.