Quand les hérons sont des victimes collatérales de la pêche…

Hameçon triple

Ces derniers mois, plusieurs cas de hérons cendrés (Ardea cinerea) reçus au CEDAF ont abouti au même diagnostic : piégé par un trident, ou hameçon triple.

Héron cendré à l’affût au parc de Bercy

Ces grands oiseaux essentiellement piscivores sont souvent repérés au bord de l’eau à l’affût du passage d’une proie (voir photo 2), et malheureusement, ils attrapent parfois autre chose que les poissons…

L’un des hérons reçus au CEDAF avait ainsi avalé tout cru un hameçon de ce type, qui s’est retrouvé planté dans son estomac. La chirurgie d’extraction s’est bien passée mais il est malheureusement décédé au cours du réveil…

Radiographie montrant un trident dans l’estomac d’un héron

 

Héron n°16/3344 en hospitalisation

Le héron n°16/3344 a eu plus de chance : le trident ne s’est planté « que » dans l’avant-bras gauche.

Arrivé le 19 novembre, il a d’abord fallu retirer l’hameçon : à cause des retours sur chaque branche, il est impossible de les retirer facilement. Il faut alors s’armer d’une pince coupante afin de sectionner trois fois l’hameçon, avant de pouvoir libérer l’aile de l’animal.

Après une bonne semaine d’adaptation, il a fini par accepter comme étant des proies les poissons congelés immobiles que nous lui distribuions trois fois par jour.

Le trident avait laissé une belle plaie derrière lui : nous avons démarré les soins par un traitement classique de plaie, avec désinfection et application de pommade cicatrisante. Mais malgré les soins apportés, la plaie n’évoluait pas bien.

État de la plaie le 30 novembre, avec nécrose des tendons

 

Application du jet d’eau tiède directement sur la plaie

Pour favoriser la cicatrisation, nous décidons d’utiliser l’hydrothérapie : cela consiste à appliquer directement sur la plaie un jet d’eau tiède sous pression, ce qui a pour effet de nettoyer tous les tissus morts, et de stimuler les petits vaisseaux pour favoriser le passage des molécules cicatrisantes produites par l’organisme. Chaque séance dure 10 minutes et est assez stressante pour un oiseau comme un héron, on ne les pratique donc que deux fois par semaine.

 

 

 

Parage de la plaie après hydrothérapie

Après chaque séance, la plaie est nettoyée puis désinfectée. On y applique une pommade cicatrisante avant d’apposer un pansement permettant de protéger les tissus.

 

 

 

La plaie a cicatrisé de séance en séance !

A ce jour, il continue de nous vider les stocks de poisson et tolère de moins en moins la captivité chez nous… mais pas de panique, l’heure de son relâcher arrive bientôt.