Historique

1987 – Un embryon de centre

Tout est parti d’une rencontre, cette année-là.

D’un côté, deux étudiants, animateurs du groupe ornithologique étudiant, désireux de participer à la protection des rapaces dont toutes les espèces se portent alors fort mal. La grande loi sur la protection de la Nature ne date que de 1976 et n’a pas encore porté ses fruits.

De l’autre, Jean-François Courreau, professeur, chef du service de zootechnie (science de l’élevage des animaux domestique), amoureux de la Nature. En 1975, alors qu’il était étudiant, il a fondé avec quelques camarades le club ornithologique dont les successeurs viennent de frapper à sa porte.

Les protagonistes sont évidemment faits pour s’entendre. L’objectif est de créer un centre de soins qui prenne en charge les rapaces qui sont apportés à l’école vétérinaire, mais aussi bien sûr les autres oiseaux blessés.

Il faut des volières et des abris. Des poulaillers et un abri de jardin sont libres. Ils feront l’affaire!

En cette première année scolaire de fonctionnement du centre, une vingtaine d’animaux seront soignés.

1993 – Le centre prend racine à l’école vétérinaire

Cette année marque un tournant. JF Courreau demande au directeur, le professeur Parodi, la reconnaissance du centre en tant que service clinique dédié à la faune sauvage européenne :

La création d’un service de clinique qui a vocation à soigner, rééduquer et rendre à la liberté des animaux sauvages de la faune indigène se justifie dans une Ecole vétérinaire :

– au titre de l’image : le grand public comme les animateurs de la protection animale apprécient que les écoles vétérinaires puissent accueillir en soins les espèces sauvages.

– au titre de la pédagogie : il n’existe pas d’enseignement sur la maintenance et la pathologie de la faune sauvage alors que la demande de compétences se manifeste de plus en plus nettement.

Le centre fonctionne sans anicroche depuis 5 ans grâce à une vingtaine d’étudiants du dynamique groupe ornithologique (GOENVA).

Convaincu, le directeur accepte et dote le nouveau service de crédits de fonctionnement. La CFS (Clinique Faune Sauvage), comme on l’appellera pendant des années, vient de naître.

En 1993, 86 animaux sont reçus à la CFS dont 21 rapaces. La 1ère espèce accueillie est le Pigeon biset (déjà!) avec 16 représentants.

1995-1997 – Le centre s’installe dans le paysage alforien

En 1995, les poulaillers et l’abri de jardin sont toujours en activité…

Mais plus pour longtemps. Dans le bâtiment qui abrite le service de zootechnie, deux pièces se libèrent. Elles sont immédiatement attribuées à la CFS.

A 50m de là, en bordure du parc de l’école, un ensemble de 10 volières est en cours d’édification grâce au mécénat de la société Friskies qui en a fait don et au service de la voirie de Maisons-Alfort qui les monte.

La grande volière de réadaptation viendra en complément 2 ans plus tard. Cette fois, c’est l’école qui a mis la main à la poche et le GOENVA a cassé sa tirelire. Tirelire laborieusement remplie, année après année, par la vente de savoureuses crêpes lors des journées portes ouvertes de l’école!

Enfin des installations vraiment adaptées aux animaux et confortables pour les soignants!

Et si l’on parlait enseignement?

Jusqu’ici, la formation était exclusivement pratique, encadrée par quelques étudiants expérimentés et passionnés (Pierre, Karine, Eric, Sophie, … parmi les premiers), JF Courreau et Alain, secrétaire du service de zootechnie.

Mais l’école vient tout juste d’instaurer les enseignements optionnels, des enseignements sur des thèmes non abordés dans le programme obligatoire des études vétérinaires. JF Courreau propose aussitôt un programme de formation combinant pratique clinique et cours. Celui-ci est accepté. Un moniteur de clinique, étudiant de 3ème année rémunéré par l’école, lui est affecté. C’est le tout début d’une nouvelle équipe pédagogique.

A la rentrée 1997, une trentaine d’étudiants s’inscrit. C’est le début d’un succès qui ne s’est ensuite jamais démenti. Oui, les étudiants vétérinaires aiment la faune sauvage!

1998 – La reconnaissance officielle du centre

Une année qui compte.

Après étude de son dossier de présentation qui détaille fonctionnement et installation, la préfecture du Val-de-Marne accorde au centre l’autorisation officielle d’ouverture. Une reconnaissance d’importance après celle de l’école vétérinaire, 5 ans auparavant.

Parallèlement, JF Courreau obtient du ministère de l’Environnement le certificat de capacité aux soins à la faune sauvage. Il devient ainsi officiellement le premier chef de centre.

2000 – Au tournant du siècle

Comment fonctionne-t-on à l’époque?

Si, dans les premières années, les animaux étaient accueillis directement dans les locaux de la CFS, leur nombre augmentant, c’est désormais le service des urgences qui les reçoit. Ils sont ensuite pris en charge par la personne de garde à la CFS.

Et l’été?

Le centre ferme en août, comme toute l’école, les autres centres franciliens prennent alors le relais.

L’activité est heureusement encore modeste : 185 animaux accueillis en 2000 dont 20 rapaces … et 29 pigeons bisets!

Pascal Arné, nouvel enseignant en zootechnie, rejoint l’équipe d’encadrement.

Le GOENVA, de club devient association sous le nom de GEPEVA, avec pour première présidente Sandrine Combaret.

2003 – Et voici le CEDAF

La CFS, clinique faune sauvage, devient CEDAF, centre d’accueil de la faune sauvage.

Pourquoi? Afin de ne pas réduire le centre à un service clinique de l’école vétérinaire et, par ce nom, s’inscrire plus aisément dans le réseau français des centres de sauvegarde.

Pourquoi CEDAF, acronyme bizarre? Pour la sonorité du mot!

Deux stagiaires sont accueillis pour la première fois pendant l’été.

La collaboration avec la LPO Ile-de-France débute! Désormais, celle-ci oriente principalement vers le CEDAF les personnes ayant trouvé un animal en détresse.

Le centre de sauvegarde de Versailles vient de fermer. La montée en puissance des accueils au CEDAF ne fait que commencer!

Nous venons de bondir à 579 animaux accueillis dont 82 rapaces… et autant de pigeons bisets.

2004 – L’équipe s’étoffe

Très grand moment : l’école crée pour le CEDAF un poste de vétérinaire hospitalier à mi-temps! Guillaume est embauché, premier d’une suite de jeunes vétérinaires qui se succéderont tous les deux ans à ce poste. C’est un énorme bénéfice pour le suivi des animaux et l’enseignement clinique.

Deux étudiants moniteurs de clinique l’aident dans ces tâches.

L’école ne s’arrête pas là et dote le CEDAF d’un poste d’animalier à mi-temps. Ruth va nous accompagner 8 ans.

Marie-José arrive au Cedaf : c’est la première bénévole extérieure à l’école.

Les locaux cliniques s’étendent avec l’adjonction de deux pièces. Infirmerie, hospitalisation des oiseaux et des mammifères sont maintenant séparées.

2006 – La « grande hospi »

Nouvelle intervention de l’école et non des moindres : la rénovation d’un grand local de 2 pièces situées près des volières et son équipement. La « grande hospi » va permettre de faire face à l’augmentation du nombre d’accueils et, surtout, d’hospitaliser les animaux de grande taille dans de bonnes conditions.

Six nouvelles volières sont acquises grâce à l’aide de la Fondation Brigitte Bardot.

2010 – Dans le mille !

Le CEDAF vient de passer les 1000 accueils : 1048 précisément, dont 85 rapaces et … 199 pigeons bisets, espèce définitivement première.

Mais le CEDAF, ce sera aussi, cette année-là, 94 étudiants inscrits à son enseignement et 28 stagiaires venant prêter main forte au cours de l’été.

Les bénévoles ne sont encore qu’une poignée, mais Marion et Gilbert compte bien plus que pour deux.

Le local d’accueil, non loin de l’entrée de l’école, est installé. Désormais, il est possible de déposer les animaux à toute heure du jour et de la nuit.

2012 – Coup de Trafalgar !

Comme toute la fonction publique, l’école est appelée par son ministère à réduire ses dépenses. Les enseignements facultatifs vont notamment en pâtir.

Pour le CEDAF, l’alternative est simple : fermer ou trouver par lui-même les moyens de continuer. Le choix est évident : continuer.

Mais trouver les moyens est moins évident. Pour fonctionner, le CEDAF a besoin de 40 000 euros par an.

JF Courreau et le directeur de l’école s’entendent sur une période transition : en 2013, l’école prendra encore en charge 50% des dépenses de fonctionnement, en 2014, 25%.

Le poste d’animalière est supprimé pour économiser le salaire, des bénévoles prendront le relais. Un appel aux dons est lancé à l’automne 2012. Les sympathisants répondent en nombre : le CEDAF est sauvé pour 2013!

2013 – Naissance de Faune Alfort

Seule la création d’une association peut assurer l’avenir du CEDAF. Avec quelques bénévoles, JF Courreau créé Faune Alfort le 14 novembre 2013 et en devient le premier président.

Faune Alfort se donne 3 objectifs : soigner, former, informer.

Le 1er février 2014, la création de l’association est publiée au journal officiel.

2014 – L’année de tous les dangers

La situation est précaire. La somme à réunir apparaît énorme. Il faut notamment assurer la pérennité du poste de vétérinaire hospitalier sans lequel on ne peut imaginer la poursuite de l’activité clinique.

Les sympathisants sont heureusement toujours là. Mais cela ne suffit pas. Enfin, au printemps, sensibles à la situation du CEDAF et touchées par le travail qu’on y réalise, deux grandes associations apportent leur précieux concours à Faune Alfort : la Société Protectrice des Animaux et la Fondation 30 Millions d’Amis. Dans les rangs de Faune Alfort, le soulagement et la reconnaissance sont énormes.

2015 – L’année de l’autonomie

Faune Alfort a réussi son pari : assurer 100% des dépenses du CEDAF.

Aux côtés du vétérinaire travaille maintenant Miyuki, intendante et première employée de l’association.

L’activité a été intense : plus de 3000 animaux ont été accueillis, 5% sont des rapaces … et 10%, nos fidèles pigeons bisets.

Personnel, étudiants, bénévoles, c’est maintenant une équipe de 200 personnes se relayant qui les prend en charge tout au long de l’année.

Entre Faune Alfort et l’école vétérinaire, c’est un partenariat durable qui se met en place au bénéfice de la faune sauvage et de l’enseignement, l’une apportant au centre les moyens nécessaires à son fonctionnement, l’autre assurant l’hébergement et la logistique médicale.

C’est maintenant une autre histoire qui commence.