A la Une : Centre de réhabilitation

Pourquoi et comment un centre de réhabilitation ? Et combien ?

Le centre de réhabilitation devra être fonctionnel pour le printemps prochain. Rappelons-le : volières et enclos actuellement présents dans l’école vétérinaire seront réduits des ¾ à la fin de l’hiver pour cause d’édification d’un nouveau bâtiment à leur place. A noter que Faune Alfort ne s’oppose pas du tout à cette nouvelle construction qui s’inscrit dans un programme de rénovation générale bien nécessaire de l’école.

Il convient de dire aussi que les installations actuelles étaient proches de la saturation et qu’augmenter la capacité d’accueil était déjà à l’étude. Les circonstances n’ont donc fait qu’accélérer les choses.

Le département du Val-de-Marne nous garantit la mise à disposition d’un terrain pour l’implantation du centre. Ce terrain se trouve dans le sud du département, l’organisation de navettes sera donc nécessaire ; il est proche de zones rurales et sécurisé. L’emplacement exact reste confidentiel tant que la convention entre Faune Alfort et le département n’est pas signée.

Pourquoi ?

Même si cela apparaît comme une évidence, il faut rappeler qu’un centre de soins pour la faune sauvage doit impérativement posséder des installations de réhabilitation des animaux soignés. En effet, réglementairement, un centre n’est autorisé à détenir des animaux sauvages que pour les soigner et dans le but de les relâcher. Or, il n’y a pas de relâcher réussi si l’animal n’y est pas préparé dans des installations parfaitement conçues à cet effet.

La réhabilitation est la dernière étape du séjour de l’animal en centre. Elle suit la période d’hospitalisation ou, pour les juvéniles, d’élevage.

Pour l’animal adulte ou blessé, cette étape doit lui permettre de retrouver une forme physique parfaite afin de pouvoir affronter à nouveau la vie sauvage qui est loin d’être facile tous les jours. Il ne faut pas oublier que cet animal qui a subi au départ un fort traumatisme qui l’a affaibli, a vécu souvent ensuite pendant des semaines, parfois pendant des mois, dans un espace restreint, avec des manipulations quotidiennes, sources de stress. Sa situation est finalement assez comparable à celle d’un humain qui aurait été hospitalisé pendant des mois après un grave accident : on ne peut pas lui demander de reprendre le travail dès sa sortie !

La situation est différente pour les juvéniles mais l’enjeu est le même. Ces jeunes animaux que nous avons élevés dans le centre ne connaissent rien à la vie sauvage. A défaut de pouvoir tout leur apprendre, nous devons les amener au moins à un excellent état de forme physique et à un certain « endurcissement » par la vie en plein air. Pour certaines espèces, mettre les jeunes dans des conditions de vie les plus naturelles possibles va les inciter à rechercher un complément de nourriture par eux-mêmes.

Comment ?

Le Cedaf étant un centre généraliste (= qui accueille toutes les espèces), son centre de réhabilitation doit disposer d’installations diversifiées pour répondre à la variété des espèces. De plus, l’augmentation rapide du nombre d’accueils d’année en année impose des installations suffisamment nombreuses pour éviter leur saturation dans les 10 ou 15 années qui viennent. Approximativement, ces installations pourront recevoir 2 fois plus d’animaux qu’aujourd’hui.

Le plan général est présenté ci-dessous.

 

 

 

 

 

 

 

Il faut d’abord constater que les installations sont de plusieurs types et de plusieurs tailles.

Les plus grandes installations sont des volières « tunnel ». Ce sont des structures métalliques analogues à celles des serres de culture (section en demi-cercle), mais la bâche plastique y est remplacée par un filet brise-vent protecteur sur les parois latérales et par un filet à petites mailles au plafond pour laisser passer la lumière. La volière de 30m accueillera les grands rapaces (buses, autours, …) et les grands échassiers (hérons, cigognes, …), les volières de 15m les oiseaux de taille moyenne (faucons crécerelles, goélands, …), les volières de 10m pourvus d’une mare les oiseaux d’eau (cygnes, grèbes, …).

 

 

 

 

 

 

Les plus petites installations sont des volières « cubes ». Relativement étroites (3m de large), leur structure est plus légère et permet des parois latérales verticales ce qui donne plus de volume pour une même surface occupée au sol. Elles sont équipées des mêmes types de filets que les précédentes. Elles seront parfaites pour les petites espèces (merles, passereaux, …).

 

 

 

 

 

Les mammifères, quant à eux, seront accueillis dans des enclos, 2 aux parois pleines et résistantes (marcassins, renards adultes, …), 2 aux parois grillagées, similaires à celles présentes déjà à l’école vétérinaire (renardeaux, fouines de tous âges, …).

 

 

 

 

 

Bien sûr, toutes ces installations disposent d’équipements adaptés aux espèces hébergées : perchoirs de différents types, abris, cachettes, végétation.

Combien ?

Le coût des installations est estimé à environ 50 000€. Nous participerons, aux côtés du département, à la rénovation d’un bâtiment en dur destiné aux travailleurs du centre et au stockage du matériel, ainsi qu’à la réalisation d’une clôture d’enceinte isolant les installations et assurant la tranquillité des animaux, le tout pour environ 50 000€.

Le fonctionnement annuel est estimé à environ 30 000€, intégrant la rémunération d’un salarié à temps plein.

En conclusion, ce nouveau centre de réhabilitation va nous permettre de maîtriser mieux encore cette étape cruciale qu’est la préparation au relâcher, tant sur le plan quantitatif (plus d’animaux accueillis) que qualitatif (adaptation aux besoins des espèces).

Il représente la priorité des réalisations en 2019 et nous ne doutons pas qu’il verra le jour grâce au soutien indéfectible de nos adhérents, de nos sympathisants et de nos grands mécènes.

Voilà le lien du financement participatif : https://fr.ulule.com/cedaf-faune-sauvage/