L’Effraie des clochers

Nom commun : Effraie des clochers
Espèce :
Tyto alba
Poids / Tailles : 
290 g à 370 g / 44 cm
Envergure :
85 à 93 cm
Longévité :
13 ans
Habitat :
fréquente les milieux ouverts et bocagers situés à proximité des constructions humaines.  On la retrouve aussi dans de vieilles bâtisses, granges, étables, ruines et clochers.
Régime alimentaire :
se nourrit presque uniquement de petits rongeurs, campagnols surtout, musaraignes, oiseaux, gros insectes en petit nombre et grenouilles.

Savez-vous que l’Effraie des clochers est aussi appelée la “dame blanche” ? 

L’Effraie des clochers a longtemps été considérée comme un animal de mauvais augure, comme tout rapace nocturne, à l’époque du Moyen-Age. Sa dénomination de chouette “effraie” lui vient de son cri particulièrement strident et perçant, entendu la nuit. Nichant volontiers dans les combles des clochers, des granges et des tours, elle a été à la base de nombreuses légendes et d’histoires de fantômes. En effet, ses chuintements, son vol fantomatique et ses défilés dans les vieilles bâtisses pouvaient provoquer frayeur et suspicion. Elle est appelée la “dame blanche” à cause de son plumage ventral blanc et de sa tête bien différente des autres chouettes, en forme de coeur avec des yeux noirs perçants. Considérée comme le symbole de l’hérésie, la « dame blanche » fut clouée sur les portes des granges qu’elle habitait, une pratique qui était censée protéger des orages, chasser la maladie, conjurer le mauvais sort et faire peur aux autres chouettes.


Cette mauvaise réputation est attestée par Buffon (naturaliste du XVIIIème) en 1780 qui écrit à propos de l’Effraie :


« Elle pousse différents sons aigres, tous si désagréables, que cela, joint à l’idée du voisinage des cimetières et des églises, et encore à l’obscurité de la nuit, inspire de l’horreur et de la crainte aux enfants, aux femmes, et même aux hommes soumis aux mêmes préjugés et qui croient aux revenants, aux sorciers, aux augures : ils regardent l’effraie comme l’oiseau funèbre, le messager de la mort ; ils croient que quand elle se fixe sur une maison, et qu’elle y fait retentir une voix différente de ses cris ordinaires, c’est pour appeler quelqu’un au cimetière. »

Une journée bien tranquille pour l’Effraie

L’Effraie est un rapace nocturne. L’activité diurne semble bien légère, au programme : digestion, longues séances d’assoupissement et d’entretien du plumage. Pendant la journée, la chouette préfère rester cachée, seule ou parfois en couple dans un gîte (grenier, grange, clocher, trou d’arbre, lierre, conifère, …) habituellement à l’abri des intempéries ou encore du harcèlement des autres oiseaux. Il est possible de l’observer chassant de jour, dans les périodes les plus rudes pour trouver de la nourriture, pour les petits au moment de la nidification, et durant l’hiver où les proies se font rares.
Elle est très active durant la première partie de la nuit, et juste un peu avant l’aube.

Le bref de l’Effraie

L’Effraie appartient à la famille des tytonidés dont elle est la seule représentante en France. Il s’agit d’un rapace nocturne de taille moyenne au corps élancé, pourvu de longues pattes et aux ailes larges et longues. Il existe une vingtaine d’espèces d’effraie, occupant différentes régions du monde. Les parties dorsales du corps sont jaune roussâtre avec des zones grises et brunes pâles, ponctuées de petites taches noires en forme de gouttelettes. Le vol de l’Effraie est lent et souple avec les pattes pendantes observées lors des ralentissements ou des battements d’ailes sur place. Comme chez un grand nombre de rapaces nocturnes, le vol est particulièrement remarquable par son extrême silence (inaudible à plus de deux mètres) résultant de la structure duveteuse des plumes qui permet à l’Effraie d’augmenter sa perception auditive. C’est une espèce monogame, qui peut se reproduire dès l’âge d’un an. Les parades nuptiales commencent en février, période où le rapace s’installent pour la nidification.  Le nid de ce rapace est peu élaboré, il ressemble à une petite cuvette posée sur un tas de pelotes désagrégées. Il peut y avoir 2 à 14 œufs. Cette chouette peut fréquemment effectuer deux pontes dans l’année lorsque les conditions sont favorables.

Actions de sensibilisation en Ile-de-France

Des actions de sensibilisations sont menées partout en France. Par la mise en place de nichoirs dans les églises et autres bâtiments ruraux, les groupes de sensibilisation cherchent, à travers ce moyen, le retour des effraies dans nos campagnes. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter ce lien de la LPO : Campagne de sensibilisation .

Au CEDAF, les effraies sont rares

Relativement peu présentes en Ile de France car inféodées aux zones franchement rurales, nous accueillons très peu d’effraies dans notre centre. Elles sont généralement adultes et victimes de la circulation, notamment de traumatismes crâniens à la suite du choc.

L’effraie du moment 

Exceptionnellement, nous avons accueilli une jeune chouette effraie tombée du nid.