La Huppe fasciée

Nom commun : huppe fasciée

Espèce : Upupa epops

Poids : 55 à 80 grammes

Taille : de 26 à 32 centimètres

Envergure : 42 à 46 centimètres

Longévité : 11 ans                    

Habitat: elle se plaît dans les espaces ouverts et semi-ouverts, les prairies pâturées, les vergers, et particulièrement les bocages. Pour nidifier, elle cherche les cavités rupestres ou arboricoles, les vieilles constructions, les ruines, talus…

Régime alimentaire : essentiellement insectivore (beaucoup de larves), parfois de petits serpents, lézards. Elle sonde le sol à l’aide de son long bec, c’est pourquoi elle préfère les sols meubles qui se prêtent au fouissage. Occasionnellement elle attrapera ses proies en vol ou au pied des arbres.

Saviez-vous que son nom est à la fois à son image et sa voix ?

Avant même de voir l’éventail de sa houppe de plumes qui reflèterait à elle-seule son nom, les trois notes douces « houp-houp-houp » de son chant, répétées à quelques secondes d’intervalle annoncent souvent le bel oiseau. Cet appel typiquement champêtre lui a valu son nom dans de nombreux dialectes, dérivé de l’onomatopée. Ainsi Upupa en latin et italien, Hoopoe en anglais, Hop en néerlandais… On l’appelle aussi Bout bout dans le centre de la France. Cependant, en occitan elle est dénommée « Puput » mais cela en référence directe à la mauvaise odeur qui s’échappe de son nid dont elle n’évacue pas les déjections, sans compter celle qu’elle sécrète elle-même par une glande du croupion.  Cette aura nauséabonde a pour fin de dégoûter ses prédateurs.

Les huppes, témoins directs de la biodiversité

La présence des huppes est tributaire de la qualité du milieu. En effet, elle dépend d’une grande diversité d’insectes et sans une faune entomologique riche et variée, elle ne peut pas s’établir. C’est pourquoi on interprétera comme un bon signe de la voir fréquenter un domaine et y installer sa famille. Les écosystèmes agricoles étant fortement appauvris par la destruction des haies et l’emploi des pesticides, on observe une restriction des aires où elle pourrait vivre. Mais elle n’est pas la seule à en souffrir, la survie de bien d’autres populations d’oiseaux est menacée par la disparition massive des insectes. Par ailleurs, l’habitat privilégié de la huppe – les bocages, les vieux villages et vergers ouverts – est aussi modifié, la privant de ses lieux favoris de nidification. On veillera donc à ne pas traiter son jardin pour offrir un refuge aux insectes et à lui réserver des nichoirs pour palier à la rénovation des vieux murs. Bien accueillie, elle sera la plus belle alliée du jardinier.

Photo : © Aurélien Audevard

Le bref de la Huppe

La huppe fasciée fait partie de la très petite famille des Upupidés dont le genre unique – Upupa – ne comporte que quatre espèces dont une s’est éteinte.  C’est la Huppe de Sainte-Hélène (Upupa antaios) qui était endémique de l’île. Bien plus imposante que les huppes que nous connaissons, cette espèce était terrestre et, ne pouvant pas voler, elle fut rapidement décimée après l’arrivée des Portugais en 1502.  Les trois espèces restantes (epops, africana et marginata) sont très semblables et arborent des costumes presque identiques.

La huppe est immédiatement reconnaissable à son allure fantasque qui ne laisse aucun doute sur son identité : un plumage ocre rose, des ailes et une queue noires barrées de blanc et bien-sûr, sa fameuse huppe rousse terminée de blanc et noir qu’elle déploie souvent.  Sa tête à l’oeil noir se prolonge d’un long bec courbe et gris. Les ailes ouvertes, la « main » barrée de blanc de la huppe fasciée permet de la différencier de l’espèce africaine dont la main est toute noire. Son vol en ondulations saccadées et ses larges ailes arrondies évoquent en fait un grand papillon.

Les huppes sont présentes dans les régions chaudes et tempérées d’Europe, d’Asie, et d’Afrique, l’Ancien Monde. Seules les populations européennes migrent, et les huppes reviennent à partir de la fin mars pour repartir à la fin de l’été. Elles voyagent de nuit pour échapper aux rapaces diurnes

Monogames, les huppes nidifient de mai à juillet, et élèvent une seule couvée de cinq à sept œufs gris. La femelle qui couve seule pendant environ 16 jours est ravitaillée par le mâle. Les poussins s’envoleront environ un mois plus tard. Les juvéniles ont une huppe et un bec plus courts mais ressemblent à la femelle qui ne se différencie du mâle que de par sa taille légèrement plus petite et sa teinte plus pâle.

La Huppe en symboles

La huppe était déjà remarquable dans l’Egypte ancienne, puisqu’elle a son propre hiéroglyphe qui l’associe au geste de bloquer un trou -celui de son nid- avec de l’argile. L’art égyptien ancien lui attribue également une symbolique d’héritage filial, ce qui fera d’elle plus tard un modèle de piété filiale. Le Coran lui donne le rôle fort de messagère entre le Roi Salomon et la Reine de Saba, rôle qui s’étend à celui d’intermédiaire avec le divin.

Une patiente peu commune au CEDAF

Au CEDAF, on voit rarement les huppes car elles sont très peu nombreuses dans le Nord. En effet, les huppes apprécient bien davantage le climat méridional. C’est en fin de compte dans le Sud-Ouest qu’on observe la plus forte population. Par ailleurs, la saison d’hivernage se passe en Afrique subsaharienne, mais certaines huppes restent dans les régions les plus chaudes, par exemple dans les Pyrénées Orientales. Celle que nous avons recueillie en juillet souffrait d’une paralysie des pattes, conséquence d’un choc, et nous n’avons malheureusement pu la sauver.