Les 4 questions à se poser avant de ramasser un animal sauvage « en détresse » dans la nature ?

1- Cet animal est-il vraiment en détresse ?
Beaucoup de jeunes animaux sont ramassés dans la nature alors que leur état ne le nécessite pas. Pendant la phase d’émancipation, ils explorent, souvent « maladroitement », leur environnement et sont encore nourris par leurs parents. Ils peuvent donc se trouver momentanément seuls et être considérés à tort comme abandonnés. En l’absence de problèmes manifestes (blessure…) , il est prudent de vérifier que les parents ne sont pas à proximité pour éviter un prélèvement inutile. Si toutefois cet animal est exposé à un danger immédiat (proximité d’une route ou d’un prédateur comme un chien ou un chat…), il peut être mis à l’abri en le déplaçant si sa manipulation est sans danger (voir question 2).

2- Puis-je capturer cet animal en toute sécurité ?
La manipulation d’un animal sauvage peut représenter un danger pour la personne qui le capture, pour l’entourage de celle-ci (accompagnateurs éventuels) et pour l’animal lui-même. Un animal, même blessé, peut réagir violemment en tentant de se défendre (morsure, griffure, coup de bec ou de patte….) ou de s’échapper. L’environnement de la découverte peut lui-même être accidentogène (proximité d’une voie de circulation par exemple…).

Le prélèvement d’un animal sauvage est ainsi formellement déconseillé :
 - si le découvreur ne se sent pas capable de prélever l’animal
 - si l’espèce concernée relève de la compétence exclusive d’un spécialiste (pompier, fourrière, par défaut contacter la mairie du lieu de découverte) : renard, cervidé (cerf élaphe, chevreuil), sanglier, mustélidés (martre, fouine, blaireau, putois, belette….).
 - si le lieu de la découverte expose le découvreur à un danger extérieur (route…).

3- Un équipement est-il nécessaire pour capturer l’animal ?
Quand c’est possible, il est recommandé d’utiliser des gants épais (type gants pour jardinage ou bricolage au minimum) ou à défaut une serviette pour la manipulation de l’animal lui-même et de préparer un contenant adapté à l’espèce (carton, boîte de transport pour chien/chat….) pour y placer l’animal sitôt capturé. Les oiseaux doivent être prélevés en plaquant leurs ailes le long du corps. Carton (percé de trous) ou boîte de transport doivent être correctement fermés pour éviter tout risque d’évasion. Ne donner ni eau ni aliment et garder l’animal le plus au calme possible.

Gants

Carton percé

 

 

 

 

 

 

4- Que dois-je faire de l’animal ensuite ?
La réglementation française qui protège les animaux sauvages vous impose de le transférer le plus rapidement possible vers un centre de soins des animaux de la faune sauvage ou chez un vétérinaire car leur détention par un particulier est strictement interdite. Il peut être utile de prévenir préalablement le centre ou le vétérinaire destinataire. L’animal doit être transporté dans le calme pour limiter le stress et en sécurité (vérifier qu’il lui est impossible de s’échapper de son contenant). Ne donner ni eau, ni aliment pendant le transport. Il importe de bien se laver les mains à l’eau et au savon après avoir manipulé l’animal même si on a utilisé des gants. En cas de blessure infligée par l’animal, il est conseillé de nettoyer la plaie et de consulter son médecin traitant.