Où en sont nos centres?

En 2020, Faune Alfort soutiendra 3 centres de soins à la faune sauvage, chacun spécialisé dans un domaine : soins médicaux, élevage de jeunes, préparation au relâcher. Que s’est-il passé en 2019 pour se préparer à cette « révolution » ?

Le centre de réhabilitation à Mandres les Roses

Commençons par la fin du parcours de l’animal avec le centre dédié à la réhabilitation car ce fut notre plus gros investissement de l’année auquel des centaines de personnes ont contribué.

Début 2018, nous apprenions que le siège de l’Office National des Forêts allait s’édifier à l’école vétérinaire à l’emplacement occupé par nos volières et enclos de réhabilitation. Rien à redire sur cette implantation qui conforte le campus agro-vétérinaire d’Alfort, mais il fallait réagir vite car le chantier était annoncé pour 2019, sans plus de précision. Finalement, il débutera dans l’hiver 2019-2020.

Pourquoi des installations de réhabilitation dans un centre ?

Il n’y a pas de centre de soins de la faune sauvage sans installations de réhabilitation. Cette dernière étape du parcours de soin de l’animal est cruciale car elle lui permet de se préparer au retour à une vie sauvage qui n’est pas un long fleuve tranquille ! Elle doit lui permettre de s’aguerrir, de parfaire sa forme physique, de se détacher de l’humain si nécessaire. L’humain n’est présent que pour apporter la nourriture et vérifier que la réhabilitation se passe bien. Les structures d’accueil doivent être vastes, placées dans un environnement le plus naturel possible, pourvues d’éléments d’enrichissement du milieu (obstacles, cachettes, végétation) et d’abris.

De l’argent et un terrain

L’argent d’abord. N’ayant pas de réserves financières, nous avons fait appel à la générosité de tous, en premier lieu, nos fidèles adhérents et nos partenaires privés mais aussi le grand public. Un magnifique élan de solidarité nous a permis de récolter 53292€ pendant l’automne 2018 dont 33555€ via la plateforme de crowd funding Ulule. Plus des promesses de dons matériels.

Le terrain ensuite. Nous nous sommes tournés vers le département du Val de Marne qui avait été un remarquable partenaire pour la mise en place de notre vaste enclos de réhabilitation pour renardeaux à la Queue en Brie. L’accueil du département fut excellent et, parmi plusieurs sites possibles, le choix s’est arrêté rapidement sur celui de la pépinière départementale à Mandres les Roses. En avril 2019, une convention fut signée pour l’occupation d’une parcelle de 2000m² et d’un logement .

Tout n’est pas encore terminé aujourd’hui mais les installations ont bien avancé.

Le département a d’abord entouré notre site d’une solide clôture.

Ensuite, de courageux bénévoles ont enchainé 17 chantiers pour monter les armatures des volières, poser les brise-vues et les filets (des centaines de mètres!), sécuriser les pourtours des volières avec du grillage .

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faune alfort

faune alfort

Du côté des mammifères, les fondations des enclos à renards et fouines sont coulées, le démontage des enclos au Cedaf a commencé, le remontage ne va pas tarder .

Parallèlement, le logement qui nous a été alloué a été rénové et 15 enclos de relâcher à hérissons ont été installés dans une autre zone de la pépinière.

Mention spéciale aux responsables et aux jardiniers de la pépinière qui nous ont accueillis à bras ouvert, ont réalisé des travaux que nous n’aurions pas su faire et sont toujours présents pour nous faciliter la vie. Un énorme merci à eux !

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Le centre d’élevage des juvéniles à Chennevières sur Marne

L’école vétérinaire ne pouvant dégager un nouvel espace, Faune Alfort s’est tourné vers des partenaires disposant d’un foncier disponible. Très rapidement, nous nous sommes orientés vers la ville de Chennevières sur Marne. Nous y connaissons l’équipe municipale depuis 3 ans et nous savons que les activités de Faune Alfort plaisent beaucoup. Ainsi, quand nous avons demandé en 2018 un local pour héberger l’élevage des jeunes martinets assuré par Céline, notre bénévole spécialiste, le oui a été immédiat.

C’est au printemps 2018 que l’idée de créer un centre destiné à l’élevage des jeunes orphelins a émergé. Une fois évoquée, elle s’est rapidement imposée. Chaque année, le Cedaf accueille des animaux toujours plus nombreux : depuis 10 ans, sans faiblir, leur nombre croit de 24% par an ! Et la tâche est particulièrement difficile quand le printemps arrive avec ses centaines de jeunes animaux orphelins à élever qui s’ajoutent aux cohortes de blessés et de malades.

Alors, lorsque nous avons parlé de créer un centre pour élever les juvéniles de toutes les espèces, Monsieur le Maire a été de suite séduit et n’a pas été long à nous proposer des locaux dans le prestigieux fort de Champigny datant de la fin du XIXème.

Nous avons ainsi repris les locaux désaffectés de la police municipale: 100m² de surfaces à aménager … parfaitement sécurisés, bien sûr !

En février 2019, la convention d’occupation était signée et les travaux d’aménagements commencèrent très vite, menés à bien par une valeureuse équipe de bénévoles qui n’a pas ménagé sa peine jusqu’à fin avril. Le 29 avril, les premiers animaux arrivaient.

Bilan de cette première saison d’élevage : environ 300 martinets, 200 petits d’autres espèces aviaires, 70 hérissons. Une partie des juvéniles a encore été élevée au Cedaf.

En 2020, l’objectif est d’augmenter la capacité d’accueil du centre pour alléger la charge du Cedaf. Le centre fonctionnera en étroite collaboration avec celui de Mandres où bon nombre d’animaux seront préparés au relâcher, d’autres l’étant à Chennevières même.

Le constat ayant été fait cette année que les locaux étaient juste suffisants, une demande supplémentaire de local est en cours. Le plan ci-contre donne la distribution prévue des pièces pour le printemps 2020.

Le centre hospitalier universitaire vétérinaire Faune sauvage

En déménageant dans le bâtiment Nocard pour prendre possession de locaux neufs, le centre perd son nom de Cedaf pour celui de ChuvFs. Autre temps, autre lieu, autre nom. Nous entrons dans le XXIème siècle en abandonnant nos vieux locaux du bâtiment Letard.

La conception du nouveau bâtiment a été élaborée il y a quelques années pour reloger plusieurs services dispersés dans l’école. Rendons hommage à celle-ci qui a intégré de suite le Cedaf dans les plans. Au total, ce sont 235m² de locaux parfaitement conçus (schéma ci-contre), contigus de surcroit ce qui n’était pas du tout le cas auparavant.

Avec ces nouveaux moyens, le centre va pouvoir répondre d’autant mieux à sa vocation médicale et de formation. Il demeurera le pôle médicalisé où tous les animaux seront accueillis pour un premier examen afin de statuer sur leur état. La plupart des jeunes animaux partiront au centre de Chennevières si leur état est bon. Pour les animaux blessés ou malades, ils rejoindront le centre de Mandres une fois guéris.

La formation des étudiants à la médecine de la faune sauvage pourra s’y dérouler dans d’excellentes conditions. Il faut savoir que plusieurs heures d’enseignement sont maintenant obligatoires à l’école d’Alfort et que l’enseignement facultatif proposé par le centre est choisi par plus de 100 étudiants chaque année. Cette structure sera unique en France.