Rougegorge familier

Photo: bénévole Céline

Nom commun : Rougegorge familier
Espèce : Erithacus rubeculus
Etymologie : Erithacus = de érithacos, nom donné par Aristote et rubecula = diminutif du latin rubor (rouge) et rubeo (être rouge)
Poids : 16 à 22 g
Envergure : 20 à 22 cm
Taille : 12,5 à 14 cm
Longévité : 3 à 5 ans
Habitat : tous milieux boisés, clairs de préférence, parcs et jardins
Régime alimentaire : Insectes et larves, vers, araignées, diverses baies en été ; toute nourriture d’appoint en hiver
Nourriture donnée en clinique : Vers de farine, pâté insectivore, eau

Crédits: oiseaux.net

 

Statut : Le Rougegorge familier est largement répandu dans la majeure partie de son aire et non menacé. Protégée chez nous, il est pourtant bien connu que l’espèce fait l’objet au sud de la Méditerranée de forts prélèvements au filet ou par d’autres moyens, comme beaucoup d’autres espèces d’oiseaux migrateurs, par les populations locales dans un but culinaire.

Le Rougegorge familier, petit passereau de nos jardins, appartient à la famille des Turdidés comme les merles et les grives. Il est facilement reconnaissable des autres passereaux par sa poitrine et sa face orangées. Les parties supérieures, les ailes et la queue sont brun verdâtre et les parties inférieures sont claires. Le tour du plastron et de la face est marqué d’une bande grise. Le bec fin, court et droit, est brun foncé, avec la base un peu plus claire. Le juvénile, quant à lui, présente une silhouette semblable à celle de l’adulte, mais un aspect très différent : la couleur orange est absente, mais le futur plastron transparaît néanmoins déjà car à ce niveau les plumes sont plus rousses qu’ailleurs, et l’ensemble du corps est brun, largement moucheté de chamois roussâtre. Il faudra attendre la mue post-juvénile pour voir apparaître les premières plumes orangées. A noter que sur l’aile fermée se distingue nettement une barre rousse formée par les pointes des grandes couvertures ainsi colorées ; ce caractère persistera après la première mue et permettra l’année suivante de savoir qu’on a affaire à un oiseau de deuxième année.

Le Rougegorge familier est présent dans la quasi-totalité de l’Europe continentale, en Asie mineure ainsi que dans les pays d’Afrique du nord. La population du nord du continent Européen est migratrice et gagne des contrées plus méridionales en hiver, typiquement le pourtour méditerranéen et les abords du golfe Persique. Ainsi, en hiver, la France est peuplée de rougegorges sédentaires et de migrateurs venant du nord et de l’est. C’est le moment aussi où les oiseaux forestiers se rapprochent des zones habitées. Les femelles sont plus migratrices que les mâles.

Du point de vue de son habitat, le Rougegorge familier fréquente divers milieux boisés : les forêts de feuillus ou de conifères, les bosquets, le bocage dans les haies mais aussi les taillis, les landes et les garrigues. Il fait partie des oiseaux qui se sont adaptés au monde urbain et on le retrouve ainsi dans les villes et les campagnes, au milieu de nos parcs et jardins, particulièrement à la mauvaise saison. On peut presque dire qu’il est partout où il y a des ligneux.

Rougegorge familier
Crédits: oiseaux.net

Le rougegorge se nourrit principalement au sol. Depuis un perchoir peu élevé, il repère ses proies au sol et les capture à l’issue d’un petit vol d’approche. Plus rarement, il se déplace au sol en sautillant et en scrutant la surface terrestre.

Crédits: oiseaux.net

Ce passereau a une posture dressée, relevant parfois la queue et baissant les ailes tout en faisant des courbettes sur ses jambes particulièrement fines. Il utilise son plastron « rouge » comme avertisseur et n’hésite pas à l’exhiber en toutes occasions quand il s’agit pour lui de faire valoir ses droits, réels ou usurpés. L’espèce est solitaire, peu sociable et fortement territoriale quasiment tout au long de l’année. En hiver, quand les conditions sont plus difficiles, la défense du territoire est moins importante. Les deux sexes défendent un territoire individuel sauf en période de reproduction. S’ils migrent en solitaire et de nuit, les jours de grande migration, on peut voir au matin de nombreux rougegorges fraîchement arrivés à un endroit donné, mais ils ne forment pas un groupe organisé, au contraire, ils manifestent entre eux une certaine agressivité.

Dans un sous-bois, il n’est pas facile de les repérer, mais en milieu semi-ouvert d’altitude par exemple, ils peuvent se percher au sommet d’un petit conifère dégagé et deviennent alors bien visibles. Ce petit passereau est connu pour être peu farouche et parfois confiant au contact de l’homme. En hiver, on le voit très souvent près des habitations. Il lui arrive de pénétrer dans les granges, hangars et autres endroits confinés. De lui, on connaît surtout le vol bas et direct qu’il utilise pour fuir quand on le dérange, pour passer d’un arbre ou d’un buisson à l’autre ou traverser une route à découvert. L’essentiel de ses déplacements dans le sous-bois sombre restent invisibles.

Rougegorge juvénile
Crédits: oiseaux.net

Le cri typique de cet oiseau est un bref “tik” qui témoigne d’une certaine inquiétude. Plus le cri est répété, plus il correspond à un cri d’alarme. Son chant est caractérisé par une suite de notes sifflées et roulées, aucune strophe ne ressemble à une autre. Au moment de la reproduction, les mâles chantent perchés en évidence sur une branche pour être bien vus de leurs congénères. Cette espèce a la particularité de connaître une reprise du chant à l’automne, chant qui servira aux mâles en hiver à défendre un territoire alimentaire.

 

 

 

Le Rougegorge familier est un semi-cavernicole pour la nidification. Le nid est toujours très bien caché dans un creux de rocher ou d’arbre, contre un talus couvert de lierre, dans une souche, sous une touffe herbacée et très difficile à découvrir. Il ne s’impose jamais à la vue. La femelle construit le nid, celui-ci est constitué de brindilles, d’herbes et de feuilles sèches, de mousse, et la coupe intérieure est tapissée de crin végétal et/ou de poils animaux. La femelle y dépose 5 à 7 œufs blanc bleuté avec des taches rouges. L’incubation dure de 11 à 14 jours, assurée par la femelle qui est alors nourrie par le mâle. Les poussins sont nidicoles, nourris et protégés par les parents. Ils quittent le nid à l’âge de 12 à 15 jours et deviennent indépendants en moyenne trois semaines plus tard.

Au CEDAF, nous accueillons principalement des adultes qui ont été victimes de prédation par les chats ou de traumatisme crânien par choc contre les vitres. Ils arrivent tout au long de l’année au centre mais sont peu nombreux. Nous accueillons quelques jeunes au début du printemps.