Faucon hobereau

Nom commun: Faucon hobereau
Espèce: Falco subbuteo
Etymologie : Falco vient du latin falx qui désigne la faux. Il fait référence aux ailes falciformes des faucons, longues, étroites et pointues ; subbuteo signifie plus petit qu’une buse.
Poids : 140 à 240 grammes pour le mâle ; 240 à 340 grammes pour la femelle
Envergure : 68 à 84 cm
Taille : 29 à 36 cm (femelle plus grande que le mâle)
Longévité : 11 ans
Habitat : Lisière des bois, bouquets d’arbres, terrains découverts, terres cultivées, étangs, lacs et forêts, de préférence dans les zones humides
Régime alimentaire : Insectes (libellules, lucanes cerfs-volants, etc. : 50%) et petits passereaux (hirondelles, martinets, etc. : 50%) capturés en vol ; très rarement des petits rongeurs, accessoirement chauve-souris
Nourriture donnée en clinique : Poussins

 

crédit: oiseaux.net

Le Faucon hobereau appartient à la famille des Falconidés qui est une famille de rapaces diurnes (qui vit le jour) de taille petite à moyenne. Il est plus élancé que le faucon crécerelle et sa morphologie lui permet une chasse aérienne rapide. Miniature de Faucon pèlerin, son nom de hobereau (petit noble) lui convient bien si on le compare à son puissant cousin.

 

crédit: oiseaux.net

La tête est noire, sur laquelle contrastent fortement les joues et la gorge blanches. Les parties inférieures sont blanches, nettement et abondamment striées de noir, excepté la gorge, non striée. La cire du bec est généralement jaune vif. Les plumes qui couvrent cuisses et jambes sont d’un roux vif et les sous-caudales roussâtres. L’adulte a les parties supérieures gris-ardoise, avec les rémiges un peu plus sombres. Lorsqu’on l’observe en vol, de loin, le dessous des ailes et de la queue paraît uniformément gris.

Le juvénile a un plumage moins gris, plus brun dessus, avec les tectrices ourlées de brun roussâtre. Dessous, la teinte de fond est plus crème, et surtout les plumes roussâtres n’ont pas l’intensité de coloration de celles de l’adulte. Le plumage adulte n’est acquis qu’au cours de la troisième année.

Ce rapace migrateur quitte les savanes arborées du continent sud-africain en avril. Sa migration postnuptiale débute en août, culmine en septembre et se termine en octobre. Il est présent de l’Europe de l’Ouest jusqu’en Chine en passant par le Kamchatka, la Sibérie et une partie de l’Asie Centrale. La France constitue un bastion important pour l’espèce puisqu’il y a 11000 à 16000 couples nicheurs sur le territoire, ce qui représente près de 10% de la population européenne estimée. Le plus grand nombre de faucons hobereaux est observé dans le Bas-Rhin, le Centre Ouest et le Midi-Pyrénées. L’espèce est en augmentation en France et reste stable en Europe avec un déclin en Allemagne notamment, dus aux modifications de l’habitat et à l’usage des pesticides.

Le Faucon hobereau est très discret et pourtant très mobile. On le voit poursuivre les libellules au-dessus des étangs, des étourneaux ou des hirondelles au dortoir qu’il déchiquète souvent en plein vol. Il poursuit aussi les martinets et chasse les alouettes. Les petits mammifères et les chauves-souris font également partie de son régime. Il surgit brusquement de derrière une haie ou un bâtiment pour les capturer par surprise. Il chasse sur des zones découvertes et à n’importe quelle heure du jour, mais il est plus actif les jours brumeux et au crépuscule.

Crédit : www.aerien.ch 2014

Femelle faucon hobereau en vol avec une libellule. Crédit: aerien.ch

Durant la période de reproduction, ce faucon a un chant très bruyant. Les faucons hobereaux défendent la zone du nid de manière très énergique. Si un intrus s’en approche, le couple effectue des passages rapides accompagnés de cris stridents. Lorsqu’ils sont calmes, ils émettent des sons plus doux. Quand il chasse, il émet un cri court et âpre.

Au printemps, environ un mois avant la ponte, ils occupent leur territoire et réalisent des vols nuptiaux juste au-dessus. Ceux du mâle sont spectaculaires. Il se lance en piqué vers la cime d’un arbre, répétant cette opération plusieurs fois sans effort. La femelle posée dans les branches semble assister à ces évolutions avec indifférence. Le couple décrit des cercles en vols longs et ascendants, au cours desquels le mâle s’abat sur la femelle comme s’il voulait l’attaquer. Après avoir attrapé un oiseau, il s’élève bien haut pour mieux descendre en piqué vers la femelle, et lui passer la proie en plein vol. Leurs ailes longues et pointues leur permettent un vol puissant, rapide et agile tout à la fois.

Dès le début du mois de juin, le faucon hobereau a choisi un nid, un ancien nid de corvidé, buse ou épervier. Il ne construit jamais le sien, mais modifie fréquemment l’intérieur de celui qu’il a choisi, jetant ou emportant au loin une partie des matériaux qui le tapissent. Ensuite, il creuse et gratte un creux où la femelle déposera les œufs.
La femelle dépose 2 à 3 œufs courant juin, à raison d’un tous les deux jours. L’incubation dure environ 28 jours, assurée par la femelle. Elle est nourrie par le mâle qui apporte des proies, parfois au nid, mais aussi sur le perchoir habituel du couple. Il appelle alors la femelle et lui donne la proie, puis il va couver les œufs pendant un court moment, le temps pour la femelle de se nourrir. Il arrive aussi qu’il lui passe la proie en plein vol, et la femelle la saisit rapidement. Les poussins naissent à deux jours d’intervalles. La femelle couve les poussins constamment pendant la première semaine, tout en étant alimentée par le mâle. Il va aussi jusqu’au nid avec des proies, en général des petits oiseaux plumés et décapités. Les jeunes peuvent se nourrir seuls à 18-20 jours avec les proies déposées au nid par les parents. Ils quittent le nid à l’âge de 28 à 31 jours, et volent assez bien, mais ils restent aux alentours, toujours nourris par les adultes. Le groupe familial reste uni pendant encore 20 à 30 jours, avant de quitter la zone vers mi-septembre.

Au CEDAF, le Faucon hobereau est beaucoup moins fréquent que le Faucon crécerelle. Nous recevons essentiellement des individus adultes blessés par des véhicules. Ce mois-ci, pourtant, nous en avons reçu quatre dont 3 étaient des jeunes en migration, au plumage défectueux. Ils passeront l’hiver au centre de soins de Rambouillet, spécialisé dans les rapaces.