Le Coucou gris

Coucou gris juvénile en soin au CEDAF. Crédit photo : Céline Grisot

Nom commun : Coucou gris
Espèce : Cuculus canorus

Poids :
95 à 130 grammes pour la femelle ; 110 à 150 grammes pour le mâle
Taille : 32 à 36 centimètres ; 55 à 65 centimètres d’envergure
Habitat : Terrains découverts (groupes de bosquets, taillis, haies), zones cultivées, dunes côtières, marais, lisières de forêts, plaines, campagnes ouvertes, roselières.
Régime alimentaire : Insectivore – Insectes de toutes sortes (libellules, criquets, scarabées), larves (essentiellement des chenilles velues que les autres oiseaux délaissent, y compris les chenilles processionnaires), lombrics, parfois œufs et juvéniles de petits passereaux.
Nourriture donnée en clinique : Vers de farine, pâté insectivore, eau.

Etymologie : Sans surprise, Cuculus est la forme latinisée de l’onomatopée du chant « cou cou », reprise dans le nom français et dans de nombreuses langues : Cuckoo, Cuco, Kuckuck, Koekoek, Käki, Gaukur, … Et canorus vient préciser que le chant est « sonore » (du latin canor).

Croyances populaires : Il est dit qu’au premier chant du coucou, si le promeneur a de l’argent en poche, il sera riche l’année entière. Il est dit aussi que s’il fait un vœu, il sera exaucé.

 

Le Coucou gris appartient à la famille des Cuculidés. De taille moyenne, ce visiteur d’été (avril à septembre) est facilement reconnaissable à son chant singulier, son allure longiligne et le dessous de son plumage rappelant celui de l’Epervier d’Europe.

Mâle adulte en plumage nuptial.
Crédit photo : www.oiseau.net

Le plumage du mâle adulte est d’un gris-bleuté sur les parties supérieures ainsi que sur la tête, la gorge et la poitrine. Les parties inférieures sont blanchâtres, finement rayées de noir. La longue queue arrondie au bout est gris foncé à noire, avec des taches blanches, comme les ailes longues et pointues. L’iris de l’œil est brun cerclé de jaune. Le bec fin et pointu est noirâtre, avec du jaune à la base. Les courtes pattes sont dotées de doigts jaunes.

Femelle adulte, phase rousse.
Crédit photo : www.oiseau.net

La femelle ressemble au mâle en phase grise mais elle peut être en phase brune-rousse (rare), avec les parties supérieures du plumage de teinte fauve.

Le juvénile ressemble à la femelle en phase brune-rousse.

Cet oiseau migrateur est abondamment répandu en Eurasie et en Afrique (exceptions : Sahara et bassin du Congo), cependant il reste très difficile à observer. Il vit dans les paysages semi-ouverts très variables où vivent de nombreux oiseaux chanteurs. Il hiverne en Afrique tropicale.

Le coucou gris pratique un vol rapide et direct à basse altitude, avec des battements d’ailes rapides. Avec sa silhouette élancée, sa taille et son vol, il est facilement confondu avec des petits rapaces comme l’Epervier d’Europe et le Faucon crécerelle.

Mâle adulte en vol. crédit photo : www.oiseaux.net

La parade nuptiale comprend les cris caractéristiques du mâle en avril et la formation du couple se fait très vite. Le chant territorial du mâle est le cou-cou (à deux et parfois trois syllabes) bien connu, qui porte loin. Il peut y avoir des variantes telles que kuk-kuk-kuk-oo, ou parfois, juste un kuk. La femelle ne fait entendre que des trilles sonores prolongés en début de couvaison. Les jeunes mendient avec des chriè chriè pénétrants.

C’est l’un des nombreux oiseaux qui doit son nom vernaculaire à son chant. En Europe, entendre le chant du coucou est un des signes de retour du printemps et est assurément un des chants d’oiseau les plus connus.

La femelle coucou gris est un reproducteur parasite qui adopte un comportement de parasitisme de couvée, c’est-à-dire qu’elle ne bâtit pas son propre nid, laisse couver et élever ses petits par d’autres oiseaux. Elle pond chaque année de 8 à 25 œufs, qu’elle dépose dans les nids de différentes espèces d’oiseaux chanteurs (Bergeronnette grise, fauvettes et passereaux insectivores). Pour cela, elle va chercher des nids avec des œufs récemment pondus.

Nourrissage du coucou juvénile par la Rousserolle effarvatte. Crédit photo : www.oiseau.net

Celui de la Rousserolle effarvatte est très souvent choisi. Dans la roselière, la femelle coucou passe de longues heures à observer le comportement de la rousserolle. Dès que le nid est libre et lorsque cette dernière commence à pondre, la femelle coucou enlève un œuf de son hôte et dépose le sien en quelques secondes, mais cela avant le début de l’incubation. Les œufs de la femelle coucou sont gris, bleus, verts, rouges ou bruns, avec des marques de couleurs variées et sont généralement très semblables à ceux déjà présents dans le nid choisi. Après la naissance, au bout de 11 à 13 jours d’incubation, le jeune coucou éjecte les autres œufs et petits hors du nid, en les poussant avec son dos jusqu’au bord car il grandit très souvent plus vite que les petits de ses hôtes, ceci afin d’être nourri au mieux par ses parents adoptifs.

Ces derniers sont bien plus petits en taille que lui, et le nourrir représente un effort important pour eux. Ils focalisent leur nourrissage sur lui, aux dépens des autres petits, car le fond de sa gorge est d’une couleur vive jaune orangé. Au bout de 17 à 21 jours, le jeune coucou quitte le nid et s’envolera vers le sud pour l’hiver, un ou deux mois plus tard que ses vrais parents.

Au Cedaf, c’est la première fois que nous recevons un coucou gris juvénile en soins. Ce jeune a très certainement dû tomber du nid et a été ramassé par des personnes.