Pigeon biset, ramier et colombin

photo : Céline Bénévole

Nom commun : Pigeon biset
Espèce: Columba livia
Etymologie:
biset vient du vieux français « bis » qui signifie gris foncé; Columba est le nom du pigeon en latin; livia fait référence à la couleur bleuâtre (latin liveo)
Poids: 200 à 300 grammes
Envergure: 63 à 70 centimètres
Tailles: 32 à 34 cm
Longévité: 6 ans
Habitat: falaises rocheuses de la mer (crevasses et cavernes) et champs voisins ; villes et villages (cavités et corniches des bâtiments)
Régime alimentaire : Granivore plus ou moins omnivore : graines, fruits, insectes
Nourriture donnée en clinique : Graines, eau

Crédits: oiseaux.net

Nom commun : Pigeon ramier
Espèce: Columba palumbus
Etymologie:
Ramier, synonyme de palombe qui vient du latin palumbus, désigne un gros pigeon sauvage nichant dans les arbres
Poids: 450 à 520 grammes
Envergure: 75 à 80 centimètres
Tailles: 38 à 41 cm
Longévité: 16 ans
Habitat: zones boisées, parcs et jardins en ville
Régime alimentaire : Granivore plus ou moins omnivore : graines, bourgeons fruits, insectes
Nourriture donnée en clinique : Graines, eau

Ils sont cousins et pourtant très différents. Et pas seulement sur le plan morphologique. Voyons cela en 3 points, éventuellement sujets à polémiques.

Leur statut ? Pour le Pigeon biset, il fait l’objet de débats sans fin car les pigeons de nos villes sont tous depuis longtemps des métis du biset sauvage et des pigeons domestiques. Les amis de la faune disent qu’il est de statut sauvage pour mieux le protéger (opinion de Faune Alfort), ceux qui souhaitent limiter les populations disent qu’il est de statut domestique, ce qui est bien commode pour l’éliminer quand cela arrange. Pour le Pigeon ramier, il est gibier et considéré comme nuisible dans de nombreux départements, notamment parce qu’il consomme les semis. Lorsqu’il migre, il fait la joie des chasseurs du sud-ouest pour lesquels la chasse à la palombe est une fête !

Leur présence en ville ? Le Pigeon biset est un citadin multiséculaire, parfaitement adapté aux ressources que la ville lui procure. Les nuisances qu’on lui reproche seraient moindres si des pigeonniers intelligemment conçus étaient mis en place et s’il était mis un terme aux nourrissages irresponsables. Le Pigeon ramier est un vrai rural qui s’implante peu à peu en ville pour autant qu’il y ait assez d’espaces verts. Il continue cependant à se nourrir en bonne partie à la campagne au prix d’allers et retours quotidiens.

Leur comportement ? Rien à voir. Le Pigeon biset est un vrai « gamin de Paris », débrouillard et que peu de choses effarouchent, prudent cependant car il connaît les pièges de la ville. Au Cedaf, il se laisse manipuler avec une grande facilité quand il est en confiance. Le Pigeon ramier trompe son monde avec ses airs de costaud ; c’est en fait un grand anxieux et au Cedaf les débutants doivent se méfier : la contention doit être ferme car il saisira toute occasion de s’échapper, mais douce car l’accident cardiaque peut survenir s’il est malmené.

Et maintenant, apprenons à mieux les connaître !

Le Pigeon biset et le Pigeon ramier appartiennent à la famille des Columbidés qui regroupe les colombes, tourterelles et pigeons. Deux particularités distinguent les colombidés des autres oiseaux. Ce sont les seuls oiseaux à sécréter un liquide pour nourrir leurs petits : cette substance crémeuse appelée « lait de jabot » est fournie aux pigeonneaux par le mâle et la femelle. Ils ont aussi une façon de boire particulière : ils plongent le bec dans l’eau et l’aspirent pour boire comme avec une paille, la majorité des autres oiseaux relevant la tête pour l’ingérer.

« Pigeon biset » est le nom de notre pigeon familier que nous connaissons tous et que nous rencontrons partout dans nos villes. On l’appelle aussi pigeon des villes ou pigeon des roches. Il est l’ancêtre des pigeons domestiques mais la souche naturelle du pigeon biset a disparu en France continentale de par la chasse et le métissage avec les pigeons domestiques. Le « Pigeon ramier » est le plus grand pigeon d’Europe, appelé aussi dans certaines régions « palombe ».

D’un point de vue de la morphologie, le pigeon biset possède un corps trapu, des ailes étroites et pointues, une tête ronde et petite, un bec mince et court. En général, son plumage est gris bleuté, plus pâle sur le dos et avec des tons verts et violacés sur le cou. Le croupion est blanc, les ailes ont deux barres de couleur noire qui se remarquent bien, surtout en vol. Vu du dessous, on aperçoit parfaitement les axillaires blanches. La tête, la poitrine et le ventre ont un ton gris bleuté plus sombre que les plumes du dos. Le bec est gris avec la base blanche. Les jambes et les pieds sont rouges, et l’iris orange rougeâtre avec un anneau oculaire intérieur jaune. Le mâle apparaît légèrement plus corpulent que la femelle.

Ce qui distingue le pigeon ramier du pigeon biset est la tâche blanche de chaque côté du cou et, en vol, la barre blanche en travers de l’aile, très visible, même de loin. De plus, son bec est rougeâtre avec une extrémité jaune et les pattes sont roses. Les juvéniles sont plus ternes et ne présentent pas de tâche blanche au niveau du cou. Il n’existe pas de différence de plumage entre mâle et femelle.

Le Pigeon biset vit et niche dans pratiquement toute l’Europe, la péninsule ibérique, l’Afrique du nord ainsi que dans les îles où elles forment des colonies nombreuses sur les falaises et dans les endroits rocheux. Les zones rocailleuses constituent leur habitat préféré. Les couples trouvent refuge dans les fissures et sur les corniches. Dans les villes et dans les villages, ils s’abritent et se reproduisent dans les cavités et les corniches des bâtiments. On peut aussi observer les pigeons bisets sur des affleurements rocheux qui peuvent atteindre 2000 mètres d’altitude. Cet oiseau est très présent en France mais les populations véritablement sauvages sont rares : falaises bretonnes et corses. En ville, ceux que nous voyons tous les jours, sont rarement des bisets de pure souche.

Le Pigeon ramier est présent sur tout le territoire français. Les oiseaux du nord et de l’est de l’Europe et de l’Asie migrent vers les pays méditerranéens en septembre ou octobre et ils reviennent vers la mi-mars. Nos pigeons d’Ile-de-France sont principalement sédentaires. Il est très commun dans toutes les régions boisées, mais il est absent des montagnes.

Le roucoulement du biset consiste en un son sourd et ronronnant que les mâles émettent face aux femelles et qu’on retrouve chez le pigeon domestique : druouu-uu répété plusieurs fois. Ils l’accompagnent souvent de hochements de tête caractéristiques, en se baissant et en étirant continuellement le cou pendant qu’ils marchent à petits pas, la queue déployée en éventail et orientée vers le sol. On observe aussi fréquemment un vol nuptial dans lequel les mâles battent lentement des ailes. Le vol du biset est extrêmement rapide et agile, effectuant de fréquents virements et écarts dans les airs. Souvent, il vole à très faible altitude au-dessus des champs ou de la surface de l’eau, mais aussi à une grande hauteur, surtout lors des rassemblements en grandes bandes à partir de l’été. Il se pose presque toujours sur le sol ou sur une saillie de roches mais rarement sur des branches d’arbres à moins qu’elles ne soient sèches ou qu’elles soient dépourvues de feuilles. Dans ce cas, on peut voir se poser un nombre considérable de pigeons. Au sol, le biset a un pas rapide et assuré.

Le chant du ramier fait partie des sons familiers de la campagne, ce fameux roucoulement “ rou-rouou-rou …” qui peut être variable d’un individu à l’autre. Il a une démarche « boiteuse » caractéristique. Lorsqu’il est vigilant, il fait claquer ses ailes un peu comme pendant le vol de parade. Le pigeon ramier effectue des vols de parade avec des ascensions abruptes à l’aide de rapides battements d’ailes, puis il claque celles-ci une ou plusieurs fois avant de glisser en descendant, ailes tendues horizontalement et queue déployée. Il s’élève et atterrit avec de bruyants claquements d’ailes.

 

 

Crédit: oiseaux.net / Pigeon biset juvénile

Le nid du Pigeon biset est un assemblage rudimentaire de brindilles, de racines sèches et d’herbe. Parfois c’est une simple plate-forme d’herbe sèche. Les pontes ont lieu dès début février, deviennent plus nombreuses à partir de mars et se poursuivent jusqu’à l’automne. De nombreux couples mènent à terme trois couvées dans la saison. La femelle pond en général deux œufs, 10 à 12 jours après l’accouplement, à la coquille polie, blanche et luisante. L’incubation, qui dure entre 17 et 19 jours, est principalement à la charge de la femelle, bien que le mâle collabore par courtes périodes. Les pigeonneaux naissent avec un duvet jaunâtre nuancé de rougeâtre. Ils sont nourris par les deux adultes avec le « lait de jabot », sécrété par les parents, exclusivement pendant les 4 à 5 premiers jours, puis en mélange avec des graines ramollies préalablement dans le jabot. Au bout d’un mois, ils peuvent abandonner le nid, mais ne volent pas bien encore jusqu’à ce qu’ils aient atteint au moins une semaine de plus.

Crédit: oiseaux.net / Pigeon ramier juvénile

 

 

Le nid du Pigeon ramier est une simple plate-forme faite de brindilles enchevêtrées laissant parfois deviner les œufs au travers, située à 2-7 m du sol dans une fourche d’arbre, parfois au sol, parmi une épaisse végétation sous une haie, ou sur une corniche. Il est souvent utilisé plusieurs fois pour des couvées successives et il devient de plus en plus volumineux avec le temps. La femelle pond plusieurs fois entre avril et septembre, généralement 2 oeufs à chaque fois. Les oeufs sont blancs et lisses. L’incubation dure 17 jours en moyenne. Les jeunes sont nourris entièrement au lait de pigeon pendant la première semaine puis de moins en moins à mesure que d’autres aliments sont introduits. Ils quittent le nid au bout de 20 à 29 jours et restent perchés sur les branches, où les parents continuent à les nourrir. Au bout de 3-5 semaines, les jeunes sont aptes à voler. Les parents s’en occupent encore pendant une semaine. Les parents élèvent en général 1 ou 2 couvées, parfois 3 quand les conditions sont favorables.

 

 

Au CEDAF, nous recevons principalement des pigeons bisets (environ ¼ de nos accueils), le pigeon ramier étant en deuxième position. Ce sont des espèces touchées par de multiples affections (traumatismes, parasitisme, …), que l’individu soit adulte ou juvénile. Ainsi, les personnes formées au CEDAF apprennent beaucoup en les soignant.

Ces deux pigeons sont les plus présents en France mais nous pouvons aussi rencontrer une autre espèce moins fréquente qui arrive rarement au CEDAF : le Pigeon colombin. Il est souvent confondu avec le biset ou le ramier. A peu près de la taille du biset, il s’en différencie par un plumage à peu près uniformément gris, une poitrine d’un rose vineux, des reflets verts au cou et des yeux noirs. Il ne vit pas toujours dans le même milieu, contrairement au biset et au ramier, il apprécie les zones boisées et calmes. Il présente la particularité de nicher dans des cavités, notamment dans des trous d’arbres.