Projet P.I.G.E.O.N : Mieux vivre avec l’avifaune en milieu urbain

Le projet P.I.G.E.O.N. est, de son acronyme, le Programme pour l’Intégration et la Gestion Éthique des Oiseaux et de la Nature, mis en place par l’association AERHO pour les prochaines élections municipales qui auront lieu en mars 2020. 

Une asso’ pour les oiseaux 

Créée en 2003, l’Association Espace de Rencontre entre les Hommes et les Oiseaux (AERHO), est une association qui a pour mot d’ordre « mieux vivre avec les oiseaux en ville ». L’objectif de cette organisation est de faciliter l’intégration des oiseaux (notamment celle du pigeon biset, objet de nombreuses controverses) en ville, en limitant de manière éthique leur population, c’est à dire sans rechercher d’éradication mais, au contraire, en donnant une place « acceptée par l’Homme et acceptable pour les pigeons » dans nos villes. Elle propose des outils de gestion pour apprendre à vivre avec les oiseaux en milieu urbain, tout en favorisant les espaces de rencontre et en limitant la reproduction massive des oiseaux.

Logo de l’association AERHO

Des animaux en ville ? Mais vous êtes fous ! Et pourtant non, puisqu’une étude réalisée en 2018 a prouvé que les défenseurs des pigeons étaient bien plus nombreux que ce que l’on pourrait penser! En effet, le sondage « Les parisiens et les pigeons » réalisé par l’IFOP en 2018 a démontré que 78 % des parisiens étaient favorables à la cohabitation entre les Hommes et les autres animaux (pigeons inclus) en ville ! La nuisance liée aux pigeons était d’ailleurs considérée par ces derniers comme étant la moins désagréable, située loin après la présence de détritus, la pollution, les déjections de chien, les odeurs et l’urine humaine. Cependant, il y a près de 43 % des personnes interrogées pour cette même étude qui pensent encore qu’il n’existe pas d’autres solutions viables que la mise à mort des pigeons pour réguler leur population, même si plus de 85 % préféreraient une mise en place de solutions plus éthiques et 68 % estiment que les collectivités ne font pas assez pour aider à la bonne cohabitation avec les animaux en villes.

↓ Vous pouvez retrouver le sondage IFOP en entier  ici ↓

https://www.ifop.com/publication/les-parisiens-et-les-pigeons/

Un autre regard sur le pigeon…

La présence d’oiseaux en ville ne devrait pas être considérée comme une nuisance, bien au contraire ! Le pigeon est un maillon de la chaîne écologique, tout comme l’ensemble des espèces vivant sur notre planète. À la fois sauvage et domestique, le pigeon n’a pas toujours été cet animal décrié, objet à controverse et synonyme de nuisance. Avant le 20e siècle, il était au contraire très apprécié dans nos villes et loin d’être considéré comme un « indésirable » ! Aujourd’hui symbole d’insalubrité, il était pourtant emblème de paix il y a plusieurs décennies.

Plaque en hommage aux colombophiles et aux pigeons morts pour la France durant la guerre :

Rappelons-le, les pigeons sont présents aux côtés des Hommes depuis des milliers d’années, ils furent utilisés comme messagers et considérés comme des « héros de la nation » durant la guerre ! Également élevé pour sa chair qui était une denrée alimentaire largement consommée, ses fientes étaient très prisées et utilisées comme engrais naturel ! Sans compter son rôle « d’éboueur de trottoir », une aubaine pour nos grandes villes dans lesquelles pulluleraient les maladies sans notre opportuniste favori, animal décrié qui nous aide pourtant à éliminer les déchets jetés aux sols par la main de l’Homme ! 

Il est certain que le manque de connaissance joue en défaveur de nos amis à plumes, et pourtant, il suffit d’étudier le comportement et le mode de vie des pigeons pour trouver diverses solutions complémentaires entre elles, permettant la régulation plus éthique des pigeons en ville. Si ces colombidés se sont si bien acclimatés au milieu urbain c’est qu’ils y ont trouvé ressources et avantages : du bâti, grande source de lieu de nidification ; des déchets et du nourrissage délibéré, source d’alimentation ; une faible présence de prédateurs, source de sûreté ; une température plus élevée due à la densité de population, source de confort ; ainsi qu’un éclairage constant (diurne et nocturne) engendrant un dérèglement biologique et, par conséquent, leur reproduction tout au long de l’année. 

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Agglutinement de pigeons à un endroit de nourrissage délibéré

Il ne faut donc pas s’étonner que ces derniers se soient rapidement installés dans nos villes : ils savent où trouver les bons plans pour se nourrir, nicher, dormir et observer ! D’ailleurs, en ce qui concerne les petits coins de nourrissage, les pigeons sont réglés comme des horloges ! Ils sont capables de se rappeler quand et où aller pour retrouver leur humain préféré qui vient les nourrir tous les jours. Possédant la notion du temps et un excellent sens de l’orientation, il serait donc facile de limiter la présence de ces oiseaux en autorisant leur nourrissage à heures et lieux fixes et en leur mettant à disposition des endroits pour nicher et dormir (ex. : pigeonniers).

La question n’est pas ici de sous-estimer la nuisance que peut engendrer la présence des pigeons à certains endroits, mais il ne faudrait pas non plus tomber dans l’exagération. Certes, se retrouver avec une fiente sur son balcon ou sa fenêtre n’est pas quelque chose de très ragoutant mais, comme expliqué précédemment, il existe de vraies solutions, et ne vous inquiétez pas, contrairement à ce qui est souvent dit, le risque de transmission de maladies du pigeon vers l’Homme est quasi inexistant. En effet, la zoonose la plus connue chez le pigeon, nommée chlamydiose (infection des voies respiratoires), présente des risques de transmissions seulement en cas d’immunodépression. De plus, une étude sur cette maladie infectieuse a permis de mettre en évidence que l’ornithose (forme humaine de la chlamydiose) est le plus souvent déclarée chez les personnes étant en contact avec des oiseaux exotiques en cage (propriétaires de perruches, perroquets, …) ou avec des volailles (personnes travaillant dans l’aviculture ou en abattoirs). La contamination par un pigeon est donc rarissime et souvent sans conséquences graves. Télécharger la maquette « Ornithose -Psittacose – Chlamydiophylose aviaire » du Ministère de l’agriculture et de la pêche, de la DGFAR et de la DGAL au lien suivant :  

Élections municipales 2020 : P.I.G.E.O.N

« L’équilibre, c’est se sentir à sa place » [Stephen Carrière, Une vieille querelle, 2004]. Donc pourquoi ne pas essayer d’instaurer des actions pour trouver un juste équilibre et que Homme et Pigeon aient chacun sa place dans nos villes ? À travers éthique, respect du vivant et humanisme, nous nous devons de sensibiliser les citoyens, à l’égard des oiseaux et de leur intégration dans nos villes. Outre les pigeons, il est primordial que la nature ait sa place en ville ! Pour cela, il fallait trouver un commun accord Homme/Pigeon, de là est né le programme P.I.G.E.O.N

Le programme P.I.G.E.O.N élaboré par l’association AERHO a pour objectifs la mise en place d’actions et de missions sociales pour aider à la cohabitation avec les animaux en ville, et notamment avec nos pigeons  »mal-aimés ». 

Le programme repose sur plusieurs points…

  • Un engagement éthique par le refus de mise à mort
  • une implication dans une gestion raisonnée et durable
  • une volonté d’apaiser les relations hommes/pigeons
  • la nécessité d’intégrer – en plus de l’objectif de réductions des nuisances – les questions environnementales, sociétales et urbanistiques

…et comporte plusieurs étapes :

  • ETAPE 1 : Réalisation d’études de terrain (commandées par les villes et/ou des bailleurs).
  • ETAPE 2 : Élaboration du projet, du plan de financement et validation.
  • ETAPE 3 : Communication et sensibilisation auprès des habitants.
  • ETAPE 4 : Mise en œuvre des actions décidées : 
    • Aménagement d’habitats choisis par les pigeons eux-mêmes, sous des ponts par exemple ou sur des toits plats. Ces habitats présentent de nombreux avantages : sans nuisance, éloigné de l’homme, avec un suivi et un coût limité. Ce type d’aménagement permettrait une répartition spatiale mieux adaptée par petits groupes de pigeons. 
    • Organisation de bonnes pratiques de nourrissage, avec une adaptation de la réglementation : au lieu d’interdire totalement le nourrissage des pigeons, il s’agirait de l’autoriser par dérogation et uniquement dans des lieux précis, identifiés et en lien avec des nourrisseurs. 
    • Installation de moyens répulsifs efficaces, esthétiques et sans danger pour les oiseaux comme les fils tendus, les grillages et autres filets. Pour ne pas devenir des pièges mortels pour les pigeons et autres oiseaux, ils doivent être entretenus régulièrement. 
    • Actions de conseils et de médiation permettant de limiter les nuisances et autres tensions inhérentes à la présence animale. 
  • ETAPE 5 : Suivi des populations et bilan des actions menées.

Télécharger le Programme P.I.G.E.O.N au format PDF au lien suivant :

AERHO cherche à informer et interpeller, candidats et citoyens, pour les élections municipales de 2020. Nous comptons donc sur vous, personnes sensibles à la cause animale et à nos actions de sauvegarde de la faune sauvage, pour diffuser ce programme autour de vous, afin de promouvoir ces solutions respectueuses du vivant pour qu’elles puissent figurer dans les projets municipaux de 2020. #despigeonsdanslaville pour plus d’informations sur l’association AERHO : www.aerho-oiseauxdesvilles.fr

LEBOFFE Alexa