Faune Alfort – Bilan d’activités 2019

En 2019, l’accueil d’animaux s’est poursuivi selon le rythme élevé habituel. Il a encore été nécessaire, comme l’an passé, d’augmenter les effectifs salariés pour faire face. Cette dépense supplémentaire et des dons moindres pour le fonctionnement ont conduit à nouveau à un déficit.

L’année a été marquée par la réalisation du projet de développement de l’offre de soins en Ile de France : modernisation du Cedaf qui devient Centre hospitalier universitaire (Chuv) à l’ENV d’Alfort, création du centre pour l’élevage des juvéniles, mise en place des premières installations du centre de réhabilitation des animaux. Il a fallu mener des actions pour trouver des fonds, complémentaires de celles conduites en 2018, destinées à compléter les investissements nécessaires pour ces nouveaux centres.

Les activités de formation se sont maintenues mais ont été repensées. L’information et les relations avec les partenaires se sont développées et diversifiées.

I – SOINS AUX ANIMAUX

Accueils

Le nombre d’accueils s’est élevé à 5898 animaux en 2019 soit une stabilisation par rapport à 2018. Cette stabilisation apparaît due à une moindre prise en charge des animaux par les particuliers à certaines périodes de l’année du fait d’évènement défavorables aux déplacements : canicule estivale, grèves de fin d’année.La mission de soins aux animaux sauvages en détresse est toujours réalisée selon la même éthique : ne pas discriminer les animaux selon leur espèce, tout animal est pris en charge. Les animaux sont pour 85 % des oiseaux et pour 15 % des mammifères. 

Les espèces sont toujours représentatives des espèces urbaines et péri-urbaines ; les douze espèces les plus représentées sont les mêmes qu’en 2018 : Pigeons biset et ramier, Hérisson d’Europe, Martinet noir, Corneille noire, Merle noir, Pie bavarde, Moineau domestique, Canard colvert, Mésanges bleue et charbonnière, Etourneau sansonnet qui cumulent 78 % des effectifs totaux. 

Notre activité est toujours marquée par une très forte saisonnalité avec l’afflux des juvéniles au printemps et en été se traduisant par des admissions mensuelles pouvant dépasser 700 voire 1000 individus aux mois de mai, juin et juillet. 

Certaines causes d’admission identifiables sont d’origine anthropique (chocs véhicules ou constructions, pollutions diverses, …) ou impliquent des prédateurs (chats et corvidés surtout). 

Le taux de relâcher corrigé est de 49% ; ce taux correspond au rapport entre animaux relâchés et animaux ayant passé le cap des 24 premières heures (environ 20% des animaux meurent pendant cette période du fait de la gravité de leurs blessures). Ce taux reflète le fait que le niveau moyen de gravité des affections qui touchent les animaux est élevé.
La situation de seul centre francilien généraliste, la facilité d’accéder à l’école vétérinaire et le niveau de notre communication expliquent certainement le niveau très élevé d’activité de soins, ceci associé à la notoriété de l’école vétérinaire qui héberge le centre et nous soutient dans sa communication. La position de 1er centre de soins en France est confirmée.

Participants aux soins

Ce sont près de 300 personnes qui ont participé aux soins en 2019 : 104 étudiants vétérinaires (inscrits à la rentrée 2019) sont intervenus, 108 stagiaires (conventionnés ou écovolontaires) se sont succédés sur l’année, environ 40 bénévoles ont participé aux soins de façon régulière, autant de façon épisodique, l’ensemble de ces bénévoles cumulant 17 équivalent-temps plein ; 9 salariés et 2 enseignants-chercheurs ont formé et encadré. 

Les 7 soigneurs qui se sont succédés ont totalisé 4,8 temps-plein, les 2 vétérinaires ont assuré 1,7 temps-plein. Au 31 décembre, l’effectif des soignants est de 2 soigneurs et de 1 vétérinaire, celui-ci salarié de l’ENV d’Alfort depuis le 1er septembre.

Pour faire face au turn-over élevé des bénévoles, le recrutement est permanent. En 2019, 246 personnes ont été reçues lors de réunions d’information sur le bénévolat. Beaucoup ne s’engagent pas dans la formation ou commencent mais ne poursuivent pas compte tenu de la disponibilité que cela suppose. Néanmoins, cela a permis de maintenir le nombre de bénévoles actifs à une quarantaine.

Développement des centres

Le développement programmé en 2018 s’est réalisé en 2019 pour se poursuivre en 2020.

Le centre hospitalier universitaire, le Cedaf

Le centre hospitalier universitaire, à vocation médicale et de formation des étudiants et des vétérinaires, prend en charge les animaux déposés à l’ENVA et ceux référés par les vétérinaires.

Le déménagement dans les locaux neufs du bâtiment Nocard a eu lieu en décembre 2019 et janvier 2020.

Le centre de réhabilitation

Le centre dédié à la réhabilitation (séquence post-hospitalisation pour la préparation au relâcher) est adapté au nombre élevé d’animaux accueillis appartenant à des espèces très variées.

Les constructions de volières et enclos ont débuté au printemps 2019 pour un achèvement à l’été 2020. Le terrain est inclus dans la pépinière départementale du Val de Marne (convention Val de Marne – Faune Alfort).

Le centre d’élevage

Le centre spécialisé dans l’élevage des juvéniles a débuté au printemps 2019, sans atteindre sa capacité maximale pour une première année considérée de rodage (une partie des jeunes a été élevée à l’ENVA). Il se situe dans les locaux du fort de Champigny appartenant à la ville de Chennevières sur Marne (convention Chennevières – Faune Alfort).

Le réseau de vétérinaires libéraux

Les vétérinaires libéraux concernés par les soins à la faune sauvage ont été formés au cours de 4 sessions d’une journée organisées sur l’année. Seuls quelques-uns sont prêts à être des relais en 2020 pour la prise en charge d’animaux avant transfert à l’ENVA. Parallèlement à leur recrutement, la LPO Ile de France recrute des bénévoles pour le transport des animaux, condition sine qua non pour que le réseau fonctionne.

Le centre en Val d’Oise

La ville de St-Prix ont arrêté un projet de centre situé sur un terrain de la ville. La recherche de financement a commencé.

II – FORMATION

Etudiants et stagiaires

A la rentrée 2019, les inscriptions d’étudiants à l’enseignement optionnel organisé au Chuv ont été un peu moins nombreuses qu’en 2018 : 67 étudiants vétérinaires préparant le niveau 1 et 37 étudiants vétérinaires préparant le niveau 2. A ces étudiants, il faut ajouter 8 étudiants moniteurs qui participent à l’encadrement en clinique et poursuivent ainsi leur formation au-delà du niveau 2.

Les stagiaires (108) sont pour les 2/3 des écovolontaires, recrutés surtout pour la période de plus haute activité, de mai à septembre. Les autres stagiaires sont des étudiants réalisant un stage conventionné partie intégrante de leur cursus d’ASV, de BTS gestion et protection de la nature ou de soigneur. Ces stagiaires sont formés aux différents postes (mammifères, oiseaux, réhabilitation).

Bénévoles

La formation des bénévoles a été repensée afin de mieux les préparer au travail auprès des animaux et d’assurer une formation homogène. Elle consiste en 2 journées sur les gestes de base à maîtriser pour les espèces principales, la réglementation et l’organisation du travail en salle. 

III – INFORMATION, SENSIBILISATION

Revues

La lettre d’actualités La Pie Bavarde a poursuivi sa parution mensuelle et a présenté des rubriques constantes : introduction sur une actualité forte, présentation d’une espèce animale, présentation d’un cas clinique, actualités sur manifestations et conférences. Le retard de parution a été fréquent, mais de l’ordre d’une semaine en général, dû au trop-plein d’activités des personnes qui s’occupent de la revue. Ce trop-plein explique aussi le défaut de parution de la revue semestrielle Pics et Plumes.

Internet

La page Facebook créée en 2018 (facebook.com/AssociationFauneAlfort/) pour être la page officielle de l’association et la rendre plus visible a trouvé son rythme de croisière et a atteint 2500 suiveurs fin 2019. La page Cedaf-Faune Alfort qui existait auparavant est devenue une page privée sous le nom de SOS faune sauvage Ile de France à vocation plus générale. Les comptes Twitter et Instagram ouverts en 2018 fonctionnent de façon complémentaire de la page Facebook de l’association et ont passé les 1500 abonnés.

Le site de Faune Alfort (faune-alfort.org) a rendu compte des actualités, essentiellement celles parues dans La Pie.

Globalement, ces activités de communication prennent beaucoup de temps aux volontaires du service civique et aux membres du CA qui s’y consacrent, mais leur rôle-clé pour faire connaître l’association est une évidence, surtout lors des campagnes de recherche de fonds.

Participation à des manifestations

Faune Alfort a participé à 22 manifestations liées à la nature ou à la protection animale, soit beaucoup plus qu’en 2018 (12) : 

  • Nuit de la Chouette (2 mars) à Sucy en Brie (collaboration : Nature et Société, CD 94)
  • Assises de la Protection animale (30 mars) à St-Mandé (collaboration : Arche des associations)
  • Wamiz run (31 mars) à Paris (collaboration : Arche des associations)
  • Forum des métiers (4 avril) à Créteil (collaboration : CD 94)
  • Semaine du développement durable (6 avril) à Gennevilliers
  • Université de la Paix (13 avril) à Paris (collaboration : Cité internationale universitaire)
  • Journée Portes ouvertes de la pépinière du 94 (27 avril) à Mandres les Roses (collaboration : CD 94)
  • Instants Nature (1er mai) à St-Prix
  • Salon de l’Animal en ville (18 mai) à Chennevières sur Marne
  • Fête de la Nature (25-26 mai) à Paris (collaboration : Muséum)
  • Fête de l’Environnement (5 juin) à St-Maurice
  • Journée mondiale du Martinet (7 juin) à Paris (collaboration : Bleu Martinet)
  • Village des associations (7 septembre) à Chennevières sur Marne
  • Festival Ville et Campagne (14 septembre) à St-Leu la Forêt
  • Journées du Patrimoine à l’ENV d’Alfort (21-22 septembre) à Maisons-Alfort
  • Fête des Animaux (28 septembre) à Paris-Bercy
  • Chali’Animal Day (5 octobre) à Chalifert
  • Animal Expo (5-6 octobre) à Paris (collaboration : Arche des associations)
  • Les Jeunes de Paris en Commun (14 novembre) à Paris
  • Noël des bêtes (23-24 novembre) à Paris (collaboration : Fondation Assistance aux Animaux)
  • Fête des solidarités (14 décembre) à Chennevières sur Marne et Alfortville
  • Forum des associations pour l’Environnement (19 décembre) à Guyancourt (collaboration : université Versailles-St Quentin)

Conférences et interventions pédagogiques

Trois conférences ont été proposées aux adhérents : 

  • Les actions de la Fondation 30 Millions d’Amis (23 janvier) par A. Lhomme
  • L’éthologie des chimpanzés (19 février) avec Jane Goodall Institute France
  • L’éthologie des primates et les lézards de France (16 avril) avec Jane Goodall Institute France
  • Sagesses animales (15 octobre) avec Jane Goodall Institute France

Nos adhérents ont bénéficié aussi des invitations de Faun’Alfort Junior à ses 3 conférences.

Les activités de soins ont fait l’objet de présentations aux agents du Val de Marne (22 janvier), à la médiathèque A. Malraux (16 février), aux collégiens du collège P. Langevin d’Alfortville(23 avril), au groupe animalier des pompiers du 77 (3-4 octobre).

Des sorties Nature ont été proposées aux adhérents les 3 et 22 mai (forêt Notre Dame), 12 mai (étang du Coq), 23 juin (plaine des Bordes).

Des relâchers d’animaux ont été organisés en présence d’un public d’adhérents les 6 juin, 20 juin et 11 août.

Articles et reportages

Plusieurs reportages et interview ont été réalisés sur les activités du Cedaf :

  • Aux petits soins de la faune sauvage (31 janvier, Géo)
  • La faune sauvage en période de canicule (24 juin, France Info)
  • Découverte du Cedaf (9 septembre, AFP)
  • L’animal sauvage en détresse (2 octobre, FR3)
  • Les animaux du Cedaf (7 octobre, Youtubeur Nozman)
  • Cohabiter avec la faune sauvage (16 octobre, FR3)
  • Les pigeons en ville (17 octobre, La Boite à Curiosités)
  • Le service civique au Cedaf (4 novembre, Youtubeur Mastu)
  • Faune Alfort et les centres de soins (11 décembre, France Inter)

Des articles sont parus dans le magazine du Val de Marne et dans le Parisien 94.

IV – PARTENARIATS

Associations

Les associations œuvrant pour la protection animale ont été à nouveau sollicitées. Cette année, il leur a été demandé de poursuivre leur aide pour assurer les dépenses de fonctionnement et poursuivre l’investissement dans les 2 nouveaux centres : Fondation 30 Millions d’Amis (15000€ pour investissement), Fondation Assistance aux Animaux (10000€), Focused on Nature (10000€), Les Néréides Loves Animals (1000€).

Le Jane Goodall Institute France a poursuivi son partenariat avec Faune Alfort pour réaliser à l’école vétérinaire 3 conférences par an sur ses thèmes de prédilection : protection des espèces, éthologie. 

Le Syndicat des Vétérinaires de la Région Parisienne est resté un partenaire fidèle pour servir de relais avec la profession, à la fois pour la mise en place du réseau de vétérinaires prenant en charge la faune sauvage et pour amener les cliniques vétérinaires à collecter des micro-dons.

Sociétés

La plateforme Hello Asso a permis de lancer 2 campagnes d’appel à dons au printemps et à l’automne (env. 13000€).

Trois sociétés mécènes ont répondu à la présentation d’un projet sur l’élevage et la réhabilitation des juvéniles : UEM (13000€), Lush (11000€) et Placoplatre (5000€).

Nous avons aussi reçu l’aide de Univet Nature, groupe de clinique vétérinaires (3000€, convention 2019-2021) et de Artémis Courtage, donatrice depuis 4 ans (1300€).

Le moteur de recherches Lilo sur lequel notre association est référencée pour son action sur les juvéniles nous a reversé 2887€ obtenus grâce aux recherches des personnes qui l’ont adopté comme moteur.

Faune Alfort a bénéficié d’un don de 40 cages de la part d’Animalis.

La société Salesforce poursuit son mécénat d’entreprise en nous assurant l’appui technique nécessaire pour le développement de son programme de gestion (adhérents, animaux). 

Le microdon géré par la société Heoh concernait fin 2019 20 cliniques vétérinaires et a permis de collecter 8040€. Ceci est inférieur aux prévisions et il se confirme que recruter des cliniques vétérinaires est difficile compte tenu de leur peu de disponibilité ; par ailleurs, la réactivité de Heoh est moindre qu’espérée.

Collectivités territoriales

Elles aident Faune Alfort financièrement et/ou par des réalisations bénéficiant aux animaux.

Le Val de Marne a apporté une aide déterminante pour le futur centre de réhabilitation sur le site de la pépinière départementale de Mandres les Roses. Notamment, il a pris en charge certaines dépenses d’aménagement et le personnel de la pépinière apporte une aide technique pour certains travaux.

Le Val d’Oise a accordé une subvention de 1000€ et le SIARE (95) une subvention de 2000€.

La ville de Chennevières sur Marne a signé une convention avec Faune Alfort pour l’accueil du centre d’élevage des juvéniles dans des locaux du fort de Champigny. 

La ville de St-Prix nous a attribué 1000€ dans le cadre de la convention de partenariat de 5 ans signée en 2015.

La ville de Paris a accordé une subvention de 5000€ dans le cadre d’une nouvelle convention pour des relâchers d’animaux dans le bois de Vincennes et la formation d’agents des espaces verts.

Partenariats scientifiques et technique

Les collaborations se sont poursuivies avec : 

  • la Ligue pour la Protection des Oiseaux délégation Ile de France : information et orientation des découvreurs, mise en place d’un réseau francilien de vétérinaires collaborant avec le Cedaf ; 
  • le Muséum National d’Histoire Naturelle : fourniture d’animaux morts à des fins d’études scientifiques.

CONCLUSION

Faune Alfort a connu en 2019 une année intense dans tous les domaines, dominée cependant par le développement de son offre de soins.

L’augmentation des moyens, humains et matériels, alloués aux soins aux animaux a nécessité de poursuivre l’effort de recherche de fonds de la part de l’équipe administrative. Si les résultats sont bons, il est cependant encore apparu que cette équipe était sous-dimensionnée par rapport aux besoins.

Comme en 2018, les comptes se soldent par un déficit de fonctionnement, les fonds récoltés pour investir étant mis à part. Cette situation reste une préoccupation dans un contexte 2020 où 3 centres fonctionneront.

Les relations avec les partenaires sont heureusement très bonnes et le partenariat s’est encore diversifié. 

L’activité d’information a été dynamique et contribue efficacement à l’amélioration de la notoriété de l’association et aide certainement à l’obtention de fonds. 

Le président, JF Courreau