Faune Alfort

LE JOURNAL

Publications et actualités du centre de soins pour la faune sauvage Faune Alfort

Entre le 1er mai et le 31 août 2026, Faune Alfort a pris en charge 7 144 animaux sauvages, soit une hausse de 11 % par rapport à la même période en 2025.

Une haute saison marquée par une succession d’épisodes climatiques extrêmes, des arrivées massives de jeunes animaux et une forte mobilisation de nos équipes.

Chaque année, le printemps et l’été correspondent à la période d’activité la plus intense pour les centres de soins à la faune sauvage. La reproduction de nombreuses espèces entraîne l’arrivée de plusieurs milliers de jeunes animaux blessés, affaiblis ou séparés de leurs parents.

En 2026, cette pression saisonnière s’est accompagnée de conditions météorologiques particulièrement difficiles pour la faune sauvage francilienne.

Chiffres clés haute saison 2026

Une activité toujours en hausse

soigneuses brigitte bardot

Du 1er mai au 31 août 2026, 7 144 animaux sauvages ont été accueillis par Faune Alfort, contre 6 450 durant la même période en 2025. Cela représente 694 animaux supplémentaires en quatre mois, soit une augmentation de 11 %.

Les admissions se sont réparties ainsi :

  • 1 270 animaux en mai ;
  • 2 507 en juin ;
  • 1 754 en juillet ;
  • 1 613 en août.

Avec plus de 2 500 animaux accueillis, le mois de juin concentre à lui seul 35 % des admissions de la haute saison.

Le 26 juin, Faune Alfort a enregistré 233 arrivées en une seule journée, le niveau le plus élevé de l’année. Du 22 au 29 juin, le centre a connu huit journées consécutives dépassant les 100 admissions.

Cette hausse s’inscrit dans une progression plus globale de notre activité : entre le 1er janvier et le 1er septembre 2026, 9 262 animaux ont déjà été pris en charge, contre 8 075 à la même date en 2025. Plus de 11 000 admissions sont attendues d’ici à la fin de l’année.

Admissions par mois

Des épisodes climatiques successifs

L’été 2026 a été marqué par plusieurs périodes de chaleur et événements météorologiques intenses : un épisode de chaleur très précoce en mai, une canicule longue et particulièrement intense en juin, de nouvelles fortes chaleurs en juillet et en août, puis de violents orages à la fin du mois d’août.

Météo-France qualifie notamment la vague de chaleur du 17 au 30 juin d’« exceptionnelle et précoce ». Juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France

Ces conditions sont survenues en pleine période de reproduction et d’élevage des jeunes. La chaleur peut entraîner la déshydratation des animaux, perturber leur alimentation et dégrader leurs habitats. Chez certaines espèces nichant dans les bâtiments, elle peut également rendre les nids inhabitables et pousser les jeunes à en sortir trop tôt.

À partir du 12 juillet, les incendies du massif forestier de Fontainebleau ont par ailleurs parcouru environ 2 000 hectares. La destruction et la dégradation des habitats ont directement affecté la faune sauvage, même si leur impact reste difficile à quantifier : une grande partie des animaux morts ou blessés dans ce type d’événement ne parvient jamais jusqu’aux centres de soins. 

Enfin, le 27 août, de violents orages accompagnés de grêle et de fortes rafales ont touché l’Île-de-France. Entre le 27 et le 31 août, 292 animaux ont été accueillis, dont 46 admissions directement attribuées à la tempête. Le 28 août a été la seule journée, en dehors de la canicule de juin, à dépasser les 100 arrivées.

Part des jeunes animaux reçus

Plus de trois animaux sur quatre étaient des jeunes

 Parmi les animaux accueillis pendant la haute saison, 5 489 étaient des jeunes, soit 76,8 % des admissions.

Cette proportion explique en partie la très forte activité des centres à cette période. Les jeunes animaux nécessitent souvent des soins particulièrement longs : alimentation adaptée et répétée, surveillance rapprochée, élevage dans des conditions propres à chaque espèce, puis période de réhabilitation avant de pouvoir envisager un relâcher.

Ils ne sont pas nécessairement orphelins lorsqu’ils sont trouvés. Selon les espèces et les circonstances, certains jeunes peuvent être temporairement laissés seuls par leurs parents ou se trouver au sol pendant une étape normale de leur développement. Avant tout déplacement, il est donc important de demander conseil à un centre de soins.

Les martinets particulièrement touchés par la chaleur

Les martinets noirs figurent parmi les espèces les plus représentées cette année, avec 997 individus accueillis, dont 730 au cours du seul mois de juin.

Parmi eux, 786 ont été admis en raison de la canicule ou de la sécheresse. Les martinets noirs représentent ainsi 83 % des admissions que nous avons pu attribuer directement à la chaleur.

Cette forte exposition est liée à leur mode de nidification. Les martinets installent généralement leur nid dans les cavités des bâtiments, sous les toitures ou dans les interstices des façades. Lorsque les températures deviennent trop élevées, les jeunes peuvent quitter prématurément le nid et se retrouver au sol, alors qu’ils ne sont pas encore capables de voler.

Faune Alfort a également accueilli 55 hirondelles de fenêtre pour des causes directement liées à la chaleur ou à la sécheresse.

Part des jeunes animaux reçus

Pigeons, hérissons, corneilles, chauves-souris, renards et rapaces…

La diversité des animaux pris en charge illustre l’étendue des compétences nécessaires au fonctionnement d’un centre de soins. Durant ces quatre mois, Faune Alfort a notamment accueilli :

  • 3101 pigeons ;
  • 322 corneilles noires ;
  • 318 hérissons d’Europe ;
  • 222 rapaces appartenant à 13 espèces ;
  • 73 chauves-souris ;
  • 43 renards roux.

Parmi les rapaces figuraient 63 faucons crécerelles, 27 buses variables, 17 busards Saint-Martin, 14 éperviers d’Europe, 13 chouettes hulottes et 10 hiboux moyens-ducs, ainsi que des effraies des clochers, des chevêches d’Athéna, des bondrées apivores et d’autres espèces de faucons et de busards.

Chez les hérissons, nous avons observé moins de jeunes que les années précédentes. Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées, notamment une perturbation de la reproduction ou une mortalité plus importante liée aux fortes chaleurs.

CSERFS

Le rôle essentiel du CSERFS

Après leur accueil et leurs premiers soins au CHUV-FS de Maisons-Alfort, certains animaux sont transférés au Centre de soins, d’élevage et de réhabilitation de la faune sauvage – le CSERFS – situé à Mandres-les-Roses.

Ce site accueille les animaux dont l’état est stabilisé, mais qui ont encore besoin d’une période de convalescence, d’élevage ou de réhabilitation. Ses installations permettent de vérifier qu’ils ont retrouvé les capacités physiques et comportementales nécessaires avant leur retour à la vie sauvage.

Entre mai et août 2026 :

  • 2 155 animaux ont été pris en charge au CSERFS ;
  • 88 % étaient des jeunes ;
  • 65 espèces différentes ont été accueillies ;
  • 1 199 animaux avaient déjà été relâchés au 2 septembre.

Des moyens humains renforcés

Pour faire face au pic d’activité, Faune Alfort a porté ses effectifs de 7 soigneurs et soigneuses permanents à 18 personnes mobilisées pendant la haute saison.

Ces renforts permettent d’assurer les soins quotidiens, la préparation des rations, le nettoyage et l’entretien des installations, le suivi des animaux et leur transfert entre les deux sites. Malgré cette mobilisation, l’enchaînement de journées à plus de 100 admissions exerce une pression considérable sur les équipes, les locaux et le matériel disponible.

Une haute saison estimée à 260 000€

Le coût de la haute saison 2026 est estimé à 260 000€ contre 170 000 euros en 2025, soit une hausse de 53 % en un an. Cette augmentation s’explique à la fois par la progression du nombre d’animaux accueillis et par les moyens nécessaires pour assurer leur prise en charge : renfort des équipes, alimentation, médicaments, matériel médical, consommables, transport et entretien des installations.

Grâce à 3 353 contributions, 144 271 euros ont été collectés, soit environ 72 % des dépenses estimées. Il reste donc 55 729 euros à financer pour couvrir le coût réel de la saison.

Les dons représentent une part essentielle du financement de Faune Alfort. Ils permettent de financer les soins vétérinaires, l’alimentation et les installations nécessaires à la prise en charge de plusieurs milliers d’animaux chaque année. Ils ouvrent droit à une réduction fiscale de 66 % de leur montant. 

Merci à toutes les personnes qui ont contribué à cette collecte, ainsi qu’aux équipes de Faune Alfort, bénévoles, partenaires et découvreurs et découvreuses qui se sont mobilisés durant cette haute saison.

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